12/11/2005 -O.V.N.I: Etudier,Comprendre et Communiquer

OVNIS : ÉTUDIER, COMPRENDRE ET COMMUNIQUER:



Yves Sillard, ingénieur général de l'armement, notamment l'un des pères d'Ariane, ancien directeur général du Centre national d'études spatiales (CNES) puis de l'Ifremer, délégué général pour l'armement, secrétaire général adjoint de l'Otan pour les affaires scientifiques et l'environnement, a accepté la présidence du comité de pilotage scientifique du nouveau Geipan (Groupe d'études et d'information sur les phénomènes aériens non identifiés) au CNES. Il nous livre sa conception de la recherche nécessaire sur un phénomène sensible qu'il faut traiter avec beaucoup de rigueur.

"Quand un phénomène lumineux est vu par des pilotes, éventuellement depuis le sol, enregistré par le radar de vol et un radar au sol, on a de bonnes raisons de supposer qu'un objet s'est déplacé dans le ciel, pas seulement un phénomène, un objet. Quand on voit des traces au sol, la végétation fortement perturbée, la photosynthèse qui ne fonctionne plus, on est naturellement conduit à émettre la même hypothèse. C'est tout ce que l'on peut dire actuellement." Faisant allusion à des cas "historiques" étudiés de façon approfondie (Airbus A320 Air France 1994, Trans-en-Provence 1981, Nancy 1982, etc.), un avis autorisé pose enfin réellement le problème de façon quasi officielle.

En 1977, il avait créé au sein du CNES, qu'il dirigeait, le Gepan, afin d'étudier ce qu'on appelle communément les ovnis. Le Sepra lui succédera, avec un élargissement de l'étude à toutes les rentrées atmosphériques. Depuis quelques semaines, il a accepté la présidence d'un comité de pilotage élargi afin d'épauler et évaluer les travaux du nouveau Geipan, placé sous la responsabilité d'un ingénieur du CNES, Jacques Patenet. Participeront à ce comité des représentants de la gendarmerie nationale, de la police nationale, de l'armée de l'air, de l'aviation civile, de Météo France et quatre scientifiques de haut niveau dans différents domaines. Cette nouvelle orientation fait suite à un audit interne du CNES qui montrait la nécessité de rendre sa vocation première au service, de l'étoffer, de lui donner des moyens, de sortir son responsable de l'isolement dans lequel se trouvait son prédécesseur.

Le "i" du nouveau Geipan, est donc pour "information" car, dit Yves Sillard, "c'est un sujet intéressant que l'on ne peut pas traiter en l'ignorant, ça n'a pas de sens. On doit répondre à l'attente de milliers de gens qui ont vu des choses et voudraient bien savoir ce qu'ils ont vu, ça fait partie du travail du CNES". Il garde "le souci de montrer qu'il n'y a rien de secret. Nous souhaitons faire connaître les observations, mettre à la disposition de tout le monde le maximum d'éléments d'information". M. Sillard reste dans une démarche résolument rationnelle, "pas en disant c'est impossible donc ça n'existe pas, c'est une attitude absolument anti-scientifique que je ne comprends pas". Il n'ignore pas "les réactions passionnées, les opérations de désinformation ahurissantes dont l'objectif, on ne sait pas bien pourquoi, est de déstabiliser, voire de ridiculiser les gens qui s'occupent de ce genre de choses".

Le Geipan informera mais protégera strictement l'identité et l'origine des témoins, dont Yves Sillard souligne l'attitude positive devant les railleries de toutes provenances. "C'est absurde, parce que quand on voit quelque chose, on doit essayer de comprendre." Les informations après enquêtes et analyses seront disponibles sur un site informatique dont la création pourra prendre quelques mois.

"Ce comité donnera du poids et du sérieux à cette étude" et sécurisera sans aucun doute le nouveau responsable du Geipan. Placé un peu sous surveillance mais aussi sous protection. En pratique, M. Sillard pense que les 140 000 euros de budget annuel précédemment alloués "suffisent largement". Le recueil des informations et la méthodologie d'analyses ne seront pas bouleversés par rapport à ce qui s'est fait depuis 1977. En revanche, les autres services du CNES bien placés dans ce genre d'exercice seront sollicités pour apporter leur concours. Sans parler de synergie, il y aura coopération, comme entre les membres du comité. La classification des cas restera identique. La catégorie "D" (observations non identifiées après études et analyses) entre 1951 et début des années 2000 représentait 792 cas sur 5 895, soit 13,5 % en France. M. Sillard évoque de son côté 44 % de cas expliqués et 40 % de témoignages inexploitables. Si le rôle du Geipan sera de traquer les méprises diverses, de les expliquer avec sérieux et pédagogie au grand jour, il mettra de facto le doigt sur ces "irrréductibles" reconnus. Tenter d'y trouver une réponse est un pari audacieux de nature à ouvrir peut-être d'autres voies de recherches. Yves Sillard l'admet, "il semble que dans un petit nombre de cas, il s'agit bien d'un objet que l'on a vu".


source: http://www.ledauphine.fr/info/france/art_53722.php

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