06/03/2008 -De l'exploration de l'univers à la découverte de vie extraterrestre.

A la recherche de vie extra terrestre:



 Les astronomes ont déniché plus de 270 exoplanètes en orbite autour d’autres soleils, dont 25 soleils avec plus d’une planète. La première, en 1995, par l’équipe de Michel Mayor (Suisse) à l’observatoire de Haute-Provence (Vaucluse). La plupart sont des Jupiter, mais, orbitant très près de leur étoile, ils sont chauds et ces systèmes solaires sont très différents du nôtre. Quelques planètes rocheuses, des exo-Terre mais plus massives, ont été découvertes. La première par une équipe dirigée par Jean-Philippe Beaulieu (2), de l’Institut d’astrophysique de Paris (CNRS). Les premières statistiques semblent indiquer que «quelques pour-cent des étoiles sont accompagnées de géantes gazeuses… et jusqu’à 30 % de planètes telluriques, rocheuses». Avec cent milliards d’étoiles dans notre Galaxie, il était difficile d’imaginer qu’il n’existe aucun autre système similaire au nôtre. Pourtant, précise-t-il, «c’est la première fois que nous mettons le télescope sur un système à deux planètes gazeuses froides, en raison de leur distance à leur étoile - 2,3 et 4,6 unités astronomiques [une ua correspond à la distance moyenne Terre-Soleil, soit 149 millions de kilomètres, ndlr] - et de la faible luminosité de l’astre.»


Traque

S’il a fallu attendre si longtemps pour découvrir le premier système à deux géantes assez éloignées de leur étoile pour être froides, c’est qu’elles sont très difficiles à détecter par les méthodes de traque les plus usitées. En général, les astrophysiciens scrutent sans relâche les étoiles les plus proches, à l’affût d’une variation de leur lumière qui pourrait être provoquée par une ou plusieurs planètes en orbite. Les équipes qui mènent cette aventure se livrent à une féroce compétition.

C’est tout l’inverse pour l’équipe de Beaulieu. «Nous fonctionnons sur le mode de la coopération, on se dit tout, on partage tout, et on signe ensemble», s’amuse-t-il. Dans cette joyeuse équipe, on note même deux amateurs néo-zélandais, «que l’on alerte si on est sûrs de notre coup, parce qu’ils travaillent la journée.» Une astrophysique communiste ? Non ! c’est la stratégie de traque qui veut ça. Beaulieu et ses collègues comptent sur rien moins qu’un mirage cosmique pour trouver leurs exoplanètes. Ils regardent beaucoup plus loin que les autres équipes, à plusieurs milliers d’années-lumière, en direction du centre de la galaxie. Là, une équipe polonaise surveille toutes les nuits, avec un télescope installé au Chili, la luminosité de vingt millions d’étoiles. Et attend avec flegme un événement, rare pour une étoile mais fréquent si vous en observez autant : le passage d’une petite étoile pile poil dans la ligne de visée du télescope.

Alors, survient le miracle prédit par saint Einstein : le champ gravitationnel de l’étoile passante courbe la lumière de celle d’arrière-plan et la fait converger vers le télescope. Cette «lentille gravitationnelle», sorte de mirage cosmique, a amplifié de 200 fois la lumière de l’étoile en cause dans la découverte publiée aujourd’hui. Durant quelques jours, le temps du passage, la courbe de lumière de l’étoile dessine une bosse très régulière.

Star

Le 28 mars 2006, les Polonais aperçoivent un début de bosse. Aussitôt, ils lancent l’alerte. Et toutes les équipes - Chili, Nouvelle-Zélande, Israël, Nouveau-Mexique, Arizona, Tasmanie, îles Canaries - braquent leur télescope sur la star du moment. « Le Soleil ne se lève jamais sur notre coopération, rigole Beaulieu, Il y a toujours de nuit un de nos télescopes en visée de l’étoile, on peut donc suivre cette bosse sans interruption.» En avril, du 5 au 8, de petits pics de lumière trahissent des planètes. Puis, toutes ces mesures passent sous les fourches caudines des mathématiques afin d’éliminer d’autres explications et calculer les masses et les distances à l’étoile. Bingo !

D’autant plus bingo que la présence de planètes géantes loin du Soleil a pu jouer un grand rôle dans l’habitabilité de notre système solaire en éjectant les comètes loin des planètes telluriques et en stabilisant l’ensemble. Si la vie a besoin d’un tel système, il y a moins de raisons de penser qu’il est solitaire. Beaulieu lâche d’ailleurs que «d’autres découvertes sont dans les tuyaux». Faut-il se précipiter sur la construction de télescopes capables de discerner des traces de vies sur ces planètes ? «Pas si vite», tempère-t-il. Etudier leurs atmosphères à la recherche de molécules révélatrices d’une vie similaire à celle de la Terre suppose d’avoir déniché des exo-Terre assez proches pour être observées en détail. Et d’avoir mieux compris les processus de formation de ces planètes. Cela n’est donc pas pour tout de suite… mais l’échéance approche où les scientifiques auront des projets d’instruments, terrestres ou spatiaux, dont l’objectif officiel sera la traque de la vie dans la Galaxie.




source: liberation

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