14/11/2008 -Exoplanètes: les voir pour le croire.

Exoplanètes: les voir pour le croire
Ca y est ! 13 années après la découverte de la première exoplanète par Michel Mayor et Didier Queloz (de l'Observatoire de Genève), on a enfin réussi à photographier des planètes extrasolaires. Une performance exceptionnelle quand on connait les difficultés liées à la visualisation des planètes, dont le faible éclat se perd dans le halo de leur étoile primaire.

D'habitude, les chercheurs déduisent la présence d'une planète d'indices dus le plus souvent à son influence gravitationnelle mais cette fois-ci, les astronomes ont fait mieux. Beaucoup mieux. Une équipe à réussi à prendre des images de 3 planètes en utilisant les télescopes Keck et Gemini et une autre a utilisé Hubble qui a très clairement vu une planète tournant autour de l'étoile Fomalhaut.


A gauche le système de trois planètes HR-8799
A droite l'exoplanète Fomalhaut-b

Ces découvertes sont une nouvelle étape dans l'étude des exoplanètes. Elles montrent les progrès faits depuis 51 Pegasus, la première exoplanète découverte en 1995, et le chemin qui reste à parcourir avant d'imager une planète extrasolaire permettant de voir des détails à l'échelle d'un continent, par exemple.

Mais, on peut faire mieux encore. Concrètement, cela signifie que les techniques d'optique adaptative utilisées avec les télescopes basés au sol pour corriger les perturbations atmosphériques, lorsqu'un coronographe permet de bloquer une grosse part de la lumière venant de l'étoile, devront être améliorées grandement. Parmi les instruments en cours de développement qui amélioreront la définition de ce type d'images, on citera la caméra SPHERE qui sera installée, en 2012, au foyer d'un des 4 télescopes du VLT. Cette caméra, dédiée aux exoplanètes utilisera une optique adaptative à un niveau très élevé avec une correction extrêmement bonne. Elle permettra de voir des planètes à seulement 10 unités astronomiques de leur étoile.

Dans l'espace, on attend beaucoup de Kepler, le futur télescope de la NASA conçu pour détecter des planètes de la taille de la Terre, évoluant dans la zone d'habitabilité de leur étoile et donc favorables à l'apparition de la vie. Son lancement est prévu au printemps 2009.

Enfin, on signalera la remarque éclairée de Jean Schneider, astronome à l'observatoire de Paris et spécialiste de la question, qui souligne que ces découvertes aussi intéressantes soient-elles, montrent que l'imagerie sans mesure de vitesses radiales (ou astrométrie) ne permet pas d'avoir une valeur précise de la masse de la planète, ce qui est très important pour en modéliser les caractéristiques physiques.

C'est et cela restera un problème pour toutes les planètes détectées par imagerie et pour lesquelles on n'a pas de mesure de vitesses radiales ou d'astrométrie. Or ces mesures ne sont possibles que pour des périodes orbitales disons de moins de 15 ans.

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