Documents initiation MHD 2/2 paru dans Wikipedia le 13 juin 2006 -


Cet article a été présenté à la dixième conférence Megagauss. La précédente, Megagauss IX date de 2002. Pour info, Megagauss II se situe en 1979, Megagauss III en 1983.

Dans cet article Chernyshev ( décédé en avril 2005 à l'âge de 78 ans ) présente une version miniaturisée de systèmes MK2, plus petits qu'un paquet de cigarette, qui sont alors présentés comme des interrupteurs de haute sécurité et haute synchronicité ( fourchette : 30 ns ) pour armes nucléaires.

L'article fait ensuite état de différentes collaborations. On y trouve des photos liées à une manip Franco-Russe, qui se situe à Novosibirsk. On teste alors les capacités du plus puissant générateur hélicoïdal, qui développe 30 millions d'ampères, dont 15 peuvent être transmises à la charge, en l'occurence un liner cônique. On sait qu'un liner cylindrique tend à imploser selon son axe de symétrie. Comme dans le système à charge creuse un liner cônique implosera en donnant naissance à un dard. Le papier fait état d'une vitesse d'implosion du liner de 10 km/s, celle-ci montant à 4°-50 km/s pour le dard de plasma qui, impactant sur une cible produit une pression de 10 mégabars. Encore une nième application de ces technique à magneto-cumulation. Ce qui est intéressant c'est la rusticité du montage :

La photo suivante montre un générateur électromagnétique de 100 mégajoules sur son banc d'essai, en plein air :

 

Générateur électromagnétique de 100 mégajoules. Novosibirsk

Equipe franco-russe autour d'une manip EMG ( générateur hélicoïdal alimentant un liner cônique, avec projection d'un dard à 50 km/s )

Image suivante, un générateur à disque, le plus puissant essayé à ce jour, sur son installation d'essai, près de Novissibirsk, manip russo-américaine.

Le plus puissant générateur à disques ayant fonctionné à ce jour ( 35 millions d'ampères ). Manip russo-américaine, Novissibirsk 2004

 

Ceux qui craignent une vaste dispersion d'un savoir-faire nucléaire basé sur le concept d'une fusion impulsionnelle méditeront des images.

 

L'engin MAGO, les principes de base d'une bombe à neutrons à fusion pure ?

Il est pratiquement impossible de donner une présentation exhaustive de cette vaste palette de machines en tous genres. Mais je ne saurais clore cette étude sans évoquer la machine russe MAGO ( MAGninoye Obshatiye, en anglais MTF c'est à dire Magnetised Target Fusion ou "Fusion d'une cible magnétisée ). C'est un compresseur à plasma qui comprime un mélange deutérium-tritium. L'idée générale est de comprimer un plasma "prémagnétisé. Les premières expériences datent de 1994.

 

mago

Le compresseur à plasma MAGO

 

L'idée générale est d'emplir une chambre d'un mélange D-T puis de déclencher une première décharge de 2 méga-ampères dans la chambre A, qui envoie le gaz, transformé en plasma ans la chambre B, en passant par un col annulaire C. Le gaz ionisé est parcouru par le courant qui l'a propulsé dans cette chambre B, qui crée son propre champ magnétique. Les particules ionisées, noyauxx de deutérium et de tritium et électrons spiralent donc dans les lignes de force de ce champ. Elles sont "frozen in". Le couplage plasma, champ est intense. C'est alors qu'un second générateur, situé sur la droite, à disques, délivre une desconde décharge de 6-8 méga-ampères qui agit sur le liner, lequel comprime ce "plasma prémagnétisé". Celui-ci s'échauffe jusqu'à des températures de plusieurs centaines d'électron-volts (plusieurs millions de degrés ). La "durée de vie" de ce plasma atteint alors 2 microsecondes. Dans un plasma la conductivité électrique est essentiellement due aux électrons, qui "transportent l'énergie cinétique de proche en proche, par collisions". Le fait que le plasma soit immergé dans un champ magnétique ( créé par lui-même, en l'occurence ) réduit sa conductivité thermique. Il peut alors être comprimé isentropiquement. Quand des réactions de fusion se produisent elles donnent naissance à des noyaux d'hélium porteurs d'une certaine énergie, qui ne peuvent transmettre cette chaleur aux parois car le champ magnétique gène leur progression ( trajectoires en spirale ).


 

Remarque ( 20 février 2008 ) :

Le système MAGO est un engin à fusion pure, où celle-ci est déclenchée par un explosif chimique. L'émission maximale de neutrons peut être obtenue en concevant l'engin en conséquence. Le lecteur pourra trouver les principes directeurs des bombes à neutrons dans Wikipedia France, par exemple ou dans sa version anglophone. On y fait allusion aux allégations formulées par des militaires irakiens comme quoi les militaires américains auraient pu faire usage de bombes à neutrons lors de la prise de l'aéroport de Bagdad. Et le texte d'ajouter : " une idée communément répandue est que ces bombes n'auraient que des effets de rayonnement, or c'est faux, il reste les dommages matériels inhérent à la mise en oeuvre d'un enfin d'un kilotonne ( le dixième d'Hiroshima ). Or lors de la bataille de l'aéroport de Bagdad on n'a pas constaté de dégâts matériels importants, allant avec le recours à une telle arme. C'est vrai si l'engin émetteur de neutron est dérivé " d'une petite bombe à hydrogène ", donc centré autour d'un dispositif à fission, au plutonium. Les conclusions seraient différentes si cette bombe à neutrons était " à fusion pure ", auquel cas il n'y aurait pas de dégâts mécaniques. Il reste une question " ces bombes à neutrons à fusion pure existent-elles ?"

Lire à ce sujet le pdf de Suzanne L. Jones et Frank K. Hippel, de Princeton, date de 1998 ! Lien


 

Conclusion de cette étude

Nous avons donc sous les yeux un certain nombre de pièces de ce qui ressemble à un puzzle, qui est à la fois enthousiasmant de ... dangereux. Point n'est besoin d'être ingénieur militaire pour comprendre que nous avons sous les yeux les éléments d'une bombe à "fusion pure" d'une puissance illimitée, à la fois vers les fortes et les faibles valeurs. La mise à feu est basée sur l'usage d'explosifs. On a vu que dans ses montagnes, Sakharov partait d'une champ initialement créé par une batterie de condensateurs. Ces appareils peuvent permettre de'obtenir des intensités élevées et de créer des champs intenses. Dans mon laboratoire de l'Institut de Mécanique des Fluides de Marseille ( aujourd'hui disparu ) j'obtenais dans les années soixante un champ de 2 teslas ( 20.000 Gauss ) créé par un courant de 54.000 ampères, lui-même délivré par une batterie de condensateurs d'un volume total avoisinant de mètre cube et d'un poids voisin d'un tonne. Le recours à des condensateurs câdre mal à l'optique "bombe". De plus les condensateurs ne restent pas éternellement chargés. Ils ont toujours un "débit de fuite" et se déchargent naturellement en un temps relativement court. Mais comme le faisait remarquer Sakharov dans ses papiers des années cinquante ( dont le contenu ne fut connu à l'ouest qu'en 1961 ) tous ces générateurs peuvent être installés en cascade, chaque étage étant la source de courant de l'étage suivant. Ainsi, notait-il, l'étage initial pouvait-il dépendre d'une simple ... aimant permanent.

La bombe à fusion dont le détonateur serait un système magnétocumulatif et qui ne tirerait son énergie initiale que d'un explosif solide est un projet parfaitement valable, lié à une technologie relativement rustique et d'un coût relativement modéré. Dans la mesure où maintenant tous les laboratoires militaires le savent il n'y a aucune raison de tenter de cacher cette évidence.

Au moment où j'écrivais ces lignes la nouvelle de la décision prise par le Congrès Américain, rendue publique le 15 juin de décider soudain de remplacer les 6000 têtes nucléaires de l'arsenal américain, c'est à dire toutes les têtes nucléaires par "une nouvelle arme" correspond à ce type d'engin, exempt de tout matériau fissile, au premier chef du plutonium 239, servant de détonateur. Les bombes classiques "vieillissent" au sens où ce plutonium, qui doit être de très grande pureté se décompose naturellement en 40-60 années. Les "vieilles" bombes ne sont donc plus aussi "sûres" que les bombes récentes, étant donnée la dégradation du plutonium qu'elles contiennent. Par opposition ces nouveaux engins ne vieillissent pas, au sens où tous leurs composants peuvent être remplacés en continu. Une maintenance à 100 % est possible, y compris pour un explosif comme de l'hydrure de lithium qui ne présente pas en lui-même de toxicité. Disons qu'une bombe de ce type pourrait être mise en pièces et "vendue aux puces" sans que cela ne pose de problème particuliers, ses composants n'étant pas plus toxiques que ceux de la carte mère d'un ordinateur.

La bombe à "fusion" pure s'obtient en assemblant des "pièces du puzzle" présentées dans ce dossier. Une "châine pyrotechnique " constituée par une succession de générateur à magnéto-cumulation produit des intensités et des champs magnétiques de plus en plus élevés, l'élément de départ étant basé sur des aimants permanents ( des éléments du commerce atteignent déjà 2 teslas et des composants frappés du secret défense doivent exister, permettant d'atteindre des valeurs encore plus élevées ). Le problème consistant à délivrer une puissance électrique ( plusieurs dizaines de mega-ampères ) en une fraction de microseconde ont été résolus à travers le générateur à disque décrit plus haut. D'autres montages, encore plus performants, peuvent être envisagés dont certains ont été imaginés oar des français. Ce courant est envoyé vers un " liner à fil ", cette technologie constituant l'innovation du laboratoire Sandia qui a conduit à réaliser des implosions à bonne axisymétrie, entraînant aussitôt cette spectaulaire montée en température à 2 milliards de degrés ( celle-ci ne constituant probablement pas une limite d'ailleurs ). Il suffit alors de disposer au centre du système une cible en hydrure de lithium qui aurait l'aspect et la taille d'une aiguille à coudre voire d'une allumette pour compléter ce détonateur. Cette charge est simplement physiquement reliée à une charge plus importante, de volume illimité.

La plus forte charge nucléaire mise à feu correspond à un engin Soviétique de 24 tonnes, 8 mètres de long sur 2 de large, ,baptisé " Tsar Bomba ", conçu et réalisé par Andréi Sakharov en quatre mois, à la demande de Nikita Krutchev au centre d'Arzamas-16 ( que Sakharov, sans ses mémoires, désigne par son nom de code " l'installation" ). Voici cet engin, largué le 31 octobre 1961 à partir d'un bombardier quadrimoteur " Bear ", modifié ( à turbopropulseurs ), d'une altitude de 10.000 mètres.

 

La " Tsar Bomba " russe. La plus forte bombe essayée par les Russes, d'une puissance de 60 mégatonnes.
Longueur : 8 mètres. Diamètre : 2 mètres. Poids : 24 tonnes. A l'arrière, le compartiment du parachute

 

Cette bombe fut mise à feu à une altitude de 4000 mètres, après une lente descente accroché à un parachute, qui permit aux appareils, l'avion de transport, un Tu 95 et l'avion d'accompagnement, un Tu 16 " Bear" de s'éloigner.

 

La tsar bomba accrochée sous le ventre d'un quadrimoteur Bear modifié, volant à 10.000 mètres

 

Le " Bear " et ses dérivés était l'équivalent soviétique du B-52. Au lieu d'être, comme ce dernier propulsé par des turboréacteurs il était doté de quatre turbopropulseurs actionnant des hélices contrarotatives à pas variable, véritable prodige d'aérodynamisme et d'engineering.

 

La Tsar Bomba après largage

 

En rouge, le point de larguage

 

L'engin fut largué sur la côte ouest de l'île de Nouvelle Zemble, entièrement vouée aux essais nucléaires russes, au nord du pays. Le flash fut visible à une distance de 1000 km. Le champignon, de 30 à 40 kilomètres de diamètre atteignit une altitude de 64 kilomètres ( épaisseur de l'atmosphère terrestre : 80 km ). L'onde de choc engendrée par l'explosion fit trois fois le tour de la Terre et cassa des vitres en Finlande (...). Des bâtiments de bois furent pulvérisés à des centaines de kilomètres de distance. En dépit du fait que la mise à feu ait été effectuée à 4000 mètres d'altitude le sol fut totalement vitrifié sur le lieu de l'explosion . On estime que cette bombe aurait été capable d'infliger des brûlures au troisième degré à des hommes vivant dans un rayon de 100 kilomètres. Bref, à pleine puissance elle serait parfaitement capable de détruire toute vie humaine sur le quart d'un pays comme la France.

 

L'explosion de la Tsar Bomba russe. Diamètre de la boule de feu : 7 km
Le champignon, d'un diamètre de 30 à 40 km est monté jusqu'à 64 km d'altitude

 

Cette bombe était de type " F F F " ( à trois "étages" : fission - fusion - fission ), c'est à dire où un ensemble fission-fusion constituant une classique bombe " H " était entouré par une coque d'uranium "appauvri" U 238. En capturant les neutrons émis cet U238 se transformait en plutonium Pu 239 qui fissionnait à son tour, doublant la puissance de cette bombe H et dispersant des polluants extrêmement toxiques. Si dans cet essai cette coque d'uranium n'avait pas été remplacé par du plomb elle aurait développé 100 mégatonnes ( 3500 fois Hiroshima ) et aurait dispersé à travers le globe des retombées radioactives équivalant à 24 % de ce qui avait été répandu jusqu'ici depuis la première explosion d'Hiroshima.

Elle fut "doublée" par un engin pratiquement indentique, peu de temps après, ce que Sakharov raconte dans ses mémoires, construit dans un centre secret dont lui-même ignorait l'existence. C'est à la suite de ce constat que le futur prix Nobel de la paix soviétique décida d'abandonner toute recherche à caractère militare en se tournant vers des recherches réorientées vers la cosmologie ( univers jumeaux, milieu des années soixante ). Sakharov, toujours dans ses mémoires dit qu'il a calculé approximativement le nombre de cancers que ces seules bombes pourraient provoquer, en concluait que s'il avait jusqu'ici travaillé pour défendre son pays mais 'il refusait désormais de collaborer à une entreprise qui signifiait à terme la destruction de toute vie sur Terre.

Les Américains, de leur côté, ne furent pas en reste. Dès mars 1954 l'explosion thermonucléaire de Bikini correspondant à un puissance de 15 mégatonnes, soit le quart de celle de la Tsar Bomba russe.

 

26 mars 1954 : La sinistre explosion " Castle Romero " ( atoll de Bikini ) dont le champignon s'élève rapidement dans la haute atmosphère. Quinze mégatonnes. La boule de feu mesurait 6 km de diamètre. Le nuage s'éleva à 160 km d'altitude ( le double de la couche atmosphérique terrestre ). 80 millions de tonnes de terre et de corail furent vaporisés. A 50 km de là le personnel reçut une dose de radiations équivalant à 100 radiographies.

 

La photo suivante, non truquée comme certains l'avaient imaginé montre comment les Américain ont testé "la résistance du matériel humain" lors d'expérimentations nucléaires en plein air.

 

Explosion Buster Dog, désert du Nevada, 1951

 

Les suites de telles sauteries en plein air furent un nombre incalculable de cancers et de leucémies qui se déclarèrent des années plus tard, vis à vis desquelles les victimes ne purent obtenir aucun dédommagement, se heurtant à la surdité de l'administration américaine. Pour ceux qui auraient encore quelques illusions sur les normes éthiques en usage outre-Atlantique il faut savoir qu'Oppenheimer, en son temps, et ceci put être historiquement établi, signa une autorisation d'injection de doses de plutonium aux jeunes recrues, pour évaluation des effets produits.

Ce premier exposé nous a montré l'extraordinaire richesse de la MHD, avec, au final, ses application exo-énergétique, au premier chef militaires. Les formules, les idées nouvelles à découvrir sont innombrables, à condition de savoir poser les bonnes questions. Les montages des Russes sont simples et logiques. S'agissant par exemple du générateur à disques, on n'a fait que réduire la distance à parcourir pour que les parois ( évoquant les soufflets d'une accordéon ) viennent au contact les unes avec les autres en "comprimant le gaz-champ magnétique". Ceci raccourcit le temps d'implosion des cavités contenant "l'énergie magnétique". On doit garder en tête qu'une pression n'est jamais qu'une densité d'énergie par unité de volume. On notera également que la puissance du dispositif peut être accrue en augmentant le nombre des disques.

Que faudrait-il faire en l'état ? Remonter bien évidemment une activité de MHD digne de ce nom. Celle-ci devrait avoir d'emblée

- La dimension et le caractère d'un projet planétaire et être géré par un organisme inbternational digne de ce nom.
- Etre mené dans un climat de total transparence. L'enjeu est trop important pour qu'on s'attache à des "détails" comme le secret défense ou l'exploitation de brevets.

Voeu pieux d'un incorrigible idéaliste, sans doute.

Tout le monde devrait s'y mettre en partageant savoir-faire, idées et résultats. C'est seulement ainsi que les choses pourraient aller très vite. Bien sûr, il ne faut pas s'imaginer que les laboratoires militaires sont restés inactifs. Une compétition acharnée s'est aussitôt instaurée entre Livermore et Los Alamos, dont Internet se fait déjà l'écho. Les chercheurs "travaillent d'arrache-pied pour concevoir de nouvelles armes nucléaires, plus sûres".

Ben voyons....

Mais comment "civiliser" cet effort ? Il serait irréaliste d'imaginer que le résultat de Sandia soit resté lettre morte, en dépit du silence-médias évident


Voir cet article du Los Angeles Times :

http://www.latimes.com/news/nationworld/nation/la-na-bombs13jun13,0,2494165.story?coll=la-home-headlines

 

 

 

Communiqué du Los Angelès Times, 15 juin 2006 7 h 55 :

Rival U.S. Labs in Arms Race to Build Safer Nuclear Bomb

Des laboratoires rivaux se lancent dans une course pour construire des bombes nucléaires plus sûres ( ..)


The new warhead could help reduce the nation's stockpile, but some fear global repercussions. By Ralph Vartabedian, Times Staff Writer June 13, 2006

De nouvelles têtes nucléaires pourraient réduire le stock de la nation, mais certains craignent des répercussions globales. Par Ralph Vartabedian, permanent de l'équipe rédactionnelle du journal.


In the Cold War arms race, scientists rushed to build thousands of warheads to counter the Soviet Union. Today, those scientists are racing once again, but this time to rebuild an aging nuclear stockpile.

Durant la Guerre Froide les scientifiques se hâtèrent de produire des milliers de têtes nucléaires pour contrer l'Union Soviétique. Ces mêmes scientifiques sont repartis dansune course analogue, mais cette fois pour remplacer des têtes nucléaires vieillissantes par d'autres ( cette phrase suggère que cette course est aussi à l'oeuvre en Russie en vertu de la paranoïa planétaire ambiante )

Scientists at Los Alamos National Laboratory in New Mexico are locked in an intense competition with rivals at Lawrence Livermore National Laboratory in the Bay Area to design the nation's first new nuclear bomb in two decades.

Les scientifiques des deux laboratoires rivaux, celui de Los Alamos au Nouveau Mexique et celui de Livermore en Californie sont engagés dans une compétition serrée pour savoir qui sera le premier qui établira les plans de la bombe nucléaire des vingt prochaines années.

The new weapon, under development for about a year, is designed to ensure long-term reliability of the nation's inventory of bombs. Program backers say that with greater confidence in the quality of its weapons, the nation could draw down its stockpile, estimated at about 6,000 warheads.

Le nouvel engin, en cours de développement depuis environ un an ( juste après la percé opérée à Sandia sur la Z-machine ) est conçu pour assurer à la nation une suprématie technique à long terme en matière d'armes nucléaires. Les gestionnaires des programmes disent qu'avec des engins plus fiables le pays pourrait réduire sont stock d'ogive, estimé actuellement à 6000 unités ( l'argument de la fiabilité est invoqué pour justifier un changement complet de type d'arme et le passage à des bombes à "fusion pure" ).

Scientists also intend for the new weapons to be less vulnerable to accidental detonation and to be so secure that any stolen or lost weapon would be unusable.

Les scientifiques entendent ainsi faire en sorte que ces nouveaux engins ne puissent pas partir tous seuls ( ...) et que la sécurité soit telle que toute arme égarée ( ...) ou volée ( ...) soit inutilisable ( là, on nous prend vraiment pour des cons...)

By law, the new weapons would pack the same explosive power as existing warheads and be suitable only for the same kinds of military targets as those of the weapons they replace. Unlike past proposals for new atomic weapons, the project has captured bipartisan support in Congress.

L'idée est que ces nouvelles armes puissent représenter le même potentiel de destruction que celui du stock actuel et ne puisse servir que pour le même type de cibles militaires que celles des engins existant actuellement ( phrase destinée à contrer toute invocation des traités concernant la détention et l'usage des armes nucléaires ). Par opposition aux projets antérieurs, celui-ci a séduit nombre de partisans au Congrès ( ben voyons. Des armes à "fusion pure", non-polluantes, sans limite minimale, qu'on pourrait enfin utiliser ! Mais de toute façon la "grande nouvelle" est connue de tous. L'émergence de ces "nouvelles armes" est devenue inévitable et s'accompagnera d'une prolifération totalement incontrôlable )

But some veterans of nuclear arms development are strongly opposed, contending that building new weapons could trigger another arms race with Russia and China, as well as undermine arguments to stop nuclear developments in Iran, North Korea and elsewhere.

Mais des vétérans des armes nucléaires sont violemment opposés à ce projet, arguant que cette entreprise pourrait relancer la compétition vis à vis de pays comme la Russie et la Chine, tandis que cela infirmerait toute prétention à vouloir interdire des pays comme l'Iran, la Corée du Nord et d'autres de se doter de l'arme nucléaire ( c'est bien pire que cela. La Russie et la Chine sont déjà dans la course, suite à la publication de ce résultat en février 2006, et peut être même avant, grâce à leurs réseaux d'espionnage. Quand "aux autres pays" ils pourront s'en donner à coeur joie puis qu'il n'est maintenant plus nécessaire, pour se doter d'armes thermonucléaires, alias "bombes H", de passer par la filière de l'enrichissement isotopique de l'uranium. Tous ceux qui auront lu mes articles de ces dernières semaines pourront aisément s'en convaincre. ).

And, the critics say, It would eventually increase pressure to resume underground nuclear testing, which the U.S. halted 14 years ago.

Les critiques ajoutent que ceci créerait une pression pour reprendre les essais nucléaires souterrains, que les Etats-Unis ont arrêté depuis 14 ans ( ça, c'est une vaste foutaise. Ces essais n'ont jamais cessé. Mais des techniques d'atténuation ont permis de réduire leur signature sismique à la magnitude 3 et en dessous, ce qui le rend indiscernable de ceux générés par une exploitation minière. Même les Français ont compris le truc, depuis le début des années quatre vingt dix, ce qui a permis de stopper les essais à Mururoa en les poursuivant tout tranquillement ... dans l'hexagone ).

Inside the labs, however, emotions and enthusiasm for the new designs are running high.

Quoiqu'il en soit au sein des laboratoires l'émotion et l'enthousiasme pour ces nouveaux schémas de bombes sont au plus haut (...).

"I have had people working nights and weekends," said Joseph Martz, head of the Los Alamos design team. "I have to tell them to go home. I can't keep them out of the office. This is a chance to exercise skills that we have not had a chance to use for 20 years."

" J'ai des chercheurs qui travaillent le jour, la nuit et les weekd-ends" dit Joseph Martz, directeur du service de conception des armes nucléaires à Los Alamos."Je dois les convaincre de rentrer chez eux. Je n'arrive pas à leur faire quitter leurs bureaux. Nous avons enfin l'occasion de remettre en oeuvre un savoir-faire que nous n'avons pas utilisé depuis vingt ans.

A thousand miles away at Livermore, Bruce Goodwin, associate director for nuclear weapons, described a similar picture: The lab is running supercomputer simulations around the clock, and teams of scientific experts working on all phases of the project "are extremely excited."

A mille miles de là, au laboratoire de Livermore Bruce Goldwin, directeur du département des armes nucléaires évoque un climat similaire. Le laboratoire fait tourner à plein temps les ordinateurs sur des simulations et les experts travaillant sur les différentes phases du projet sont "extrêmement excités"

The program to build the new bomb, known as the "reliable replacement warhead," was approved by Congress in 2005 as part of a defense spending bill. The design work is being supervised by the National Nuclear Security Administration, which is part of the Energy Department.

Le programme consistant à construire une nouvelle bombe, plus commode d'emploi et destinée à remplacer les têtes existantes a été approuvé par le Congrès en 2005 ( après la percée effectuée à Sandia ), et inclus dans l'envelope budgétaire consacrée à la défense. ( les bombes à "fusion pure" sont "plus commodes d'emploi" car il n'existe pas, par opposition aux bombes H conventionnelles de limite inférieure de puissance. Par ailleurs leur usage en tant que bombes à neutrons, qui tuent kles êtres humains mais préservent les matériels, est évident. Ceux qui me disent "de ne pas attirer l'attention des gens sur ces applications destructrices" rêvent complètement. Les gens de Livermore et de Los Alamos, ainsi que les membres du Congrès n'ont pas été longs à réagir. Si le communiqué de Sandia et le papier publié par Haines n'avaient pas constitué une bavure de taille le couvercle du confidentiel défense serait aussitôt tombé sur le résultat publié et la désinformation aurait parachevé le travail ).

The laboratories submitted detailed design proposals in March that ran more than 1,000 pages each to the Nuclear Weapons Council, the secretive federal panel that oversees the nation's nuclear weapons. A winner will be declared this year.

Les laboratoires ont soumis des propositions de plans de ces bombes au Conseil chargé des Armes Nucléaires en mars ( 2006, un an après le "breakthrough" signe que la course vers de nouvelles bombes a été .. imméfdiate ), ces rapports faisant plus de mille pages. Le comité de sélection déterminera quel sera la laboratoire gagnant.

If the program is implemented, it would require an expensive remobilization of the nation's nuclear weapons complex, creating a capacity to turn out bombs at the rate of three or more a week.

S'il est donné suite à ce programme ceci représentera une remobilisation du complexe militaro industriel du pays, correspondant à un rythme de production des nouvelles bombes de trois par semaine ou plus.

Proponents of the project foresee a time when nuclear deterrence will increasingly rest on the nation's capacity to build new bombs, rather than on maintaining a massive stockpile.

Les tenants du projet indiquent que la politique de dissuasion reposera sur le fait de détenir ces nomvelles bombes, plutôt que de maintenir un stock considérable d'armes. ( bien sûr. Les armes mégatoniques, monstrueuses, sont impossibles à utiliser. Par contre ces authentiques "mini-nukes", de si faible puissance qu'elles n'engendrent pas d'effet d'hiver nucléaire ni de dispersion de produits radioactifs sur l'attaquant constitueront un "système dissuasif" d'une efficacité accrue. Ajoutons que ces nouvelles bomes "à fusion pure" sont merveilleusement propres, non-polluantes. "kill me cleanely". Elles pourront même être utilisées, de manière préventive, bien sûr, contre des adversaires animés de mauvaises intentions évidentes ).

The proposal comes as Russia and the United States have agreed to further reduce nuclear stockpiles. The Moscow Treaty signed in 2002 by President Bush and Russian President Vladimir V. Putin calls for each country to cut inventories to between 1,700 and 2,200 warheads by 2012.

La proposition intervient au moment où Russes et Américains sont tombés d'accord pour réduire leurs stocks d'armes nuccélaires. Le traité signé en 2002 par Bush et Poutine exprime le souhait que les deux pays situent leurs nombre de têtes nucléaires entre 1700 et 2.200 d'ici 2012.

Without the reliable replacement warhead, U.S. scientists say the nation will end up with old and potentially unreliable bombs within the next 15 years, allowing adversaries to challenge U.S. supremacy and erode the nation's so-called strategic deterrent.

Les scientifiques américains estiment que si le pays n'opère pas le remplacement des "vieilles bombes par ces nouvelles bombes "plus commodes" ce serait la fin, d'ici 15 ans de la suprémacie américaine dans ce domaine et de son pouvoir dissuasif.

The new bomb "is one way of ensuring that our capability is second to none," said Paul Hommert, a physicist who heads X Division, the Los Alamos unit that built the first atomic bomb during World War II. "Not only today, but in 2025."

La nouvelle bombe "constitue une façon de nous doter d'une supériorité absolue, non seulement maintenant mais pour les vingt prochaines années", dit Paul Hommert, un physicien qui dirige la division X, la section de Los Alamos qui a construit la première bombe atomique pendant la seconde Guerre Mondiale.

But critics say the program could plant the seeds of a new arms race.

Mais ceux qui critiquent ce programme disent que celui-ci pourrait impulser une nouvelle course aux armements.

C'est déjà fait ......

The existing stockpile will be safe and reliable for decades to come, according to defense experts and nuclear scientists who have long supported strategic weapons. They say that rather than making the nation safer, the program will squander resources, broadcast the message that arms control is dead and even undermine the reliability of U.S. weapons.

Selon ces experts, qui ont été de longue date des défenseurs des armes stratégiques le stock d'armes nucléaires déjà existant est sûr et capable d'assurer la sécurité du pays pour les décennies à venir. Ils disent qu'en impulsant cette fabrtication de nouvelles armes nucléaires, plutôt que d'accroître la sécurité du pays ceci va monopoliser des ressources et diffusé à travers le monde entier le message selon lequel le concept de contrôle des armements est devenu lettre morte. A terme ceci pourrait compromettre l'efficacité du systèyme défensif américain.

La découverte de Sandia et la perspective de créer des armes themonucléaires à "fusion pure", d'un emploi beaucoup plus "commode" ( reliable ) entraîne une reprise immédiate de la course aux armements. L'effet est imparable, chacun se disant "si je ne le fais pas, l'autre le fera".

The new bomb would have to be built and deployed without testing. The U.S. last conducted an underground test in Nevada in 1992 and has since imposed a moratorium on new testing.

La nouvelle bombe devra être construite et déployée sans être préalablement testée ( qui croira une telle fable ? Il suffira d'inclure ces nouvelles bombes dans les programmes d'essais nucléaires souterrain furtifs qui n'ont jamais cessé ). Les Etats-Unis ont fait leur dernier essai souterrains en 1992 dans leur site du Nevada et ont par la suite imposé un moratoire interdisant tout essai de ce genre.

But without a single test, doubts about the new bomb's reliability would eventually grow, said Sidney Drell, former director of Stanford University's Linear Accelerator Center and a longtime advisor to the Energy Department.

Mais, sans effectuer un seul essai de l'engin des doutes pourraient naître quant à son efficacité, dit Sidney Drell, ancien directeur de l'Accélérateur Linéaire de Stanford, conseiller de longue date du département de l'énergie.


"If anybody thinks we are going to be designing new warheads and not doing testing, I don't know what they are smoking," Drell said. "I don't know of a general, an admiral, a president or anybody in responsibility who would take an untested new weapon that is different from the ones in our stockpile and rely on it without resuming testing."

" Si des gens pensent qu'on peut concevoir de nouvelles têtes nucléaires sans avoir à les essayer je me demande ce qu'ils fûment" , dit Drell. " Je ne connais aucun général, amiral, président ou responsable qui adopterait une nouvelle arme, différente de celles de notre actuel arsenal, à laquelle il pourrait se fier sans que celle-ci ait fait l'objet du moindre test.

If the U.S. breaks the moratorium on testing, then Russia, China, India and Pakistan, if not Britain and France, probably would conduct tests as well, said Philip Coyle, former assistant secretary of Defense and former deputy director of Livermore. Those countries would gain more information from testing than would the U.S., which has invested heavily in scientific research as an alternative to testing.

Si les Etats-Unis romptent le moratoire interdisant les essais, alors la Russie, la Chine, l'Inde et le Pakistan, si ce n'est la France et l'Angleterre se remettront à faire des essais nucléaires, dit Philip Coyle, ancien assistant secrétaire à la Défense et ancien directeur adjointe de Livermore. Ces pays obtiendraient plus d'information à partir de tests que les Etats-Unis, qui ont réalisé de lourds investissements dans la recherche de manière à disposer d'une solution alternative aux essais ( on retrouve le thème de Mégajoule, alternative française au perfectionnement des armes nucléaires )

Physicist Richard Garwin, who helped design the first hydrogen bomb in the early 1950s and remains a leading authority on nuclear weapons, opposes the new bomb and is worried it would lead to new testing. "We don't need it," he said. "No science will be able to keep these political doubts away."

Le physicien Richard Garwin qui contribua à la conception de la première bombe à hydrogène au début des années cinquante et continue de faire autorité en matière d'armes nucléaires est opposé à ce projet de nouvelle bombe et se déclare préoccupé par le fait que tout ceci conduirait à la reprise des essais nucléaires. " On n'en a pas besoin ", dit-il. Aucune science ne sera capable d'écarter ces doutes politiques.

Linton F. Brooks, chief of the National Nuclear Security Administration, disagrees, saying warheads based on modern technology and advanced electronics would be more reliable

Linton F. Brooks, directeur de l'Administration chargée de la sécurité nucléaire n'est pas de cet avis et dit que des têtes nucléaires utilisant des technologies modernes et une électronique avancée pourraient être plus efficaces.

"We are more likely to face a problem if we stick with the existing stockpile," Brooks said. "It is easy to overstate the degree to which the current stockpile [has been] tested."

"On est face au problème d'évaluer le stock existant", dit Brooks. Il est facile de surestimer la fiabilité des ogives".

The stockpile includes thousands of weapons held in reserve in case a defect is discovered. Each year, some of those weapons are disassembled for inspection. The U.S. could significantly reduce the reserve if it had greater confidence in the reliability of its warheads, Brooks said.

L'arsenal comporte des milliers de têtes gardées en réserve au cas où un défaut serait détecté. Chaque année certaines de ces armes sont démontées pour inspection. Les Etats Unis pourraient réduire notablement cette réserve si on pouvait accorder une plus grande confiance dans les ogives, dit Brooks.

That confidence involves not only whether a weapon will explode, but whether it will do so with the intended force. In every U.S. nuclear weapon, a primary blast must be strong enough to trigger a secondary thermonuclear reaction. If the first stage falls short, the weapon has half the power.

La fiabilité se réfère non seulement aux chances que la tête ait d'exploser mais à celles qu'elle développera bien la puissance attendue. Dans chaque arme nucléaire américaine une première détonation doit être assez puissante pour mettre à feu la charge secondaire, thermonucléaire. Si le premier étage fait long feu, l'arme n'aura plus que la moitié de sa puissance.


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