[ L'après Roswell ] du Colonel Philippe Corso Part. 1/2 extrait de "the day after"

Le texte qui suit est une traduction du livre "The day after" du colonel Corso.

Qui est Philip Corso ?

philip Corso était un officier des Renseignements de l’Armée Américaine. Il a fait partie de l’équipe du Général Mac Arthur en Corée. Plus tard, il a travaillé comme Lieutenant Colonel au Bureau de Sécurité Nationale du Président Dwight. D. Eisenhower.

Pendant les 21 ans de sa carrière militaire, Corso a été décoré plus de 19 fois. Il est parti à la retraite en 1963 et s’est mis au service des Sénateurs James Eastland et Strom Thurmond comme membre d’une équipe spécialisée dans la sécurité Nationale.

Depuis, il a travaillé dans le secteur privé comme consultant. Il est apparu récemment dans une émission comme expert sur les vols de U2 au-dessus de la Russie pendant la Guerre Froide.

 

Introduction

En 1960 et pendant deux ans, le Lieutenant Colonel Philip Corso a mené une double vie. Il travaillait au Bureau des Technologies Étrangères au Pentagone, service de l’Armée des RD ( Recherche et Développement ). Son travail habituel consistait à enquêter sur les technologies des autres pays, comme par exemple l’hélicoptère développé par l’Armée Française pour les adapter à leurs propres technologies afin de préserver des vies militaires sur le terrain.

Corso lisait des rapports techniques et rencontrait des Ingénieurs de l’Armée afin de budgéter les projets à venir. Il envoyait des rapports à son patron, le Lieutenant Général Arthur Trudeau, chef de la section des RD de l’Armée Américaine. Celui-ci avait la responsabilité de 3000 personnes travaillant sur différents projets plus ou moins avancés.

En apparence, pour les Membres du Congrès qui surveillent le Budget et la finalité de ses dépenses, tout n’est que routine.

Une partie du travail de Corso était celle d’un officier de renseignement et de conseiller pour le Général Trudeau. C’était un travail qu’il connaissait bien pour l’avoir pratiqué pendant la Guerre de Corée. Au Pentagone, il travaillait sur les sujets les plus secrets, il avait accès à tous les documents classifiés et en faisait part au Général Trudeau.

Comme officier de renseignement, il savait que les plus grandes institutions Gouvernementales étaient infiltrées par le KGB et que cette "police étrangère" était directement dirigée par le Kremlin.

Mais en plus de toutes ces tâches, Corso eût la responsabilité du secret le mieux gardé : les Dossiers sur Roswell qui traitent de la récupération de l’épave et des bris d’une soucoupe volante qui s’est crashée à Roswell au Nouveau Mexique, ainsi que de toute la collecte d’informations par l’équipe du 509ème Groupe à Roswell.

Le dossier Roswell constitue tout l’héritage de ce qui s’est passé dans les heures et les jours qui suivirent le crash ainsi que toute la censure (cover-up) mise en place ensuite par le Gouvernement.

Corso n’était pas à Roswell en 1947 et n’en avait même pas entendu parler, à ce moment-là, tellement c’était secret, même au sein de l’Armée !

Les Militaires pensèrent, au début, que l’appareil était une arme secrète Soviétique parce qu’elle avait une certaine ressemblance avec la forme des ailes volantes Horton. Et si les Soviétiques avaient développé leur propre version de cet appareil ?

Les différentes versions de l’histoire de Roswell varient dans les détails. Comme Corso n’était pas là-bas, il a pris connaissance de ces différentes versions de la part de campeurs, d’archéologues ou du fermier Mac Brazel qui trouva l’épave.

Corso lut différents rapports militaires sur différents crashs à différents endroits à proximité de la zone militaire de Roswell, comme San-Augustin ou Corona ainsi que d’un site en ville.

Tous ces rapports étaient classifiés et donc Corso n’en fit aucune copie et ne conserva aucun de ces rapports après son départ de l’Armée.

Quelquefois, les dates du crash varient d’un rapport à l’autre, le 2, 3 ou 4 Juillet 1947.

En 1961, les informations top-secrètes sur Roswell arrivèrent en possession de Corso à son bureau des RD. Le Général Trudeau voulait que celui-ci incorpore la technologie de Roswell dans les développements d’armes en cours. Aujourd’hui, les lasers, les circuits intégrés, la fibre optique, le faisceau à particules accélérées et le Kevlar dans les gilets "pare-balles" en proviennent.

Dans les heures confuses qui suivirent la découverte de l’appareil à Roswell, l’Armée détermina qu’en l’absence de toute autre information, l’objet devait être extraterrestre. De fait, ce vaisseau et d’autres devaient surveiller les installations défensives Américaines. Ces ovnis avaient sans doute des intentions hostiles et pouvaient même avoir interféré dans le déroulement de la Deuxième Guerre Mondiale.

L’Armée estimait qu’à cause de ces événements et en raison des mutilations de bétails, ils constituaient des ennemis potentiels. Dans le même temps, les USA entraient en Guerre Froide avec les Soviétiques et le KGB infiltrait les Agences Américaines.

Les Militaires se trouvaient confrontés à deux lignes de fronts, une guerre contre les Communistes et une guerre contre les Extraterrestres qui pouvaient être un bien plus grand problème que les Communistes. Dès lors, l’Armée utilisa la technologie des Extraterrestres contre eux, en l’adaptant pour créer un système de défense spatial.

Croyez-le, si vous le voulez, voici l’histoire de ce qui s’est passé dans les jours qui ont suivi le crash de Roswell et comment un petit groupe d’Officiers des renseignements ont changé l’histoire de l’Homme.

2 - Le désert de Roswell

Corso eut connaissance de beaucoup de versions différentes de l’accident de Roswell. Beaucoup d’entre elles racontaient en substance ceci ; pendant toute la nuit du 1er Juillet, les radars du 509e Groupe de Roswell, pistèrent d’étranges signaux radar. Les radars étaient proches de White Sands, là où s’effectuaient les essais de lancement de V2 Allemands à la fin de la Guerre, on y effectuait également, dans la région, les essais nucléaires à Alamogordo. Ces bips apparaissaient à un endroit de l’écran et le traversaient à une vitesse incroyable pour disparaître ensuite. Puis ça recommençait. Aucun appareil de fabrication humaine ne pouvait se déplacer aussi vite et changer de direction si rapidement. Ou c’était un appareil ou c’était une anomalie des radars, due à de puissants éclairs d’orage. C’est pourquoi les opérateurs radars re-calibrèrent leurs appareils sans trouver de problèmes particuliers. Les observations furent confirmées par la base de White Sands.

Pendant toute la nuit et la nuit suivante, les Services de Renseignement de l’Armée restèrent en alerte de haut niveau parce que quelque chose d’étrange se passait à l’extérieur. Il fut présumé que ces appareils inconnus étaient hostiles et des éléments des Services de Renseignements furent envoyés à Roswell, au 509e Groupe, là où l’activité semblait se concentrer.

Les observations radars continuèrent la nuit suivante. Pendant ce temps, Dan Wilmot, propriétaire d’un magasin à Roswell, se tenait assis sur son perron, après dîner, pour regarder les éclairs, au loin. Peu après 22h00, les éclairs s’intensifièrent. Dan et sa femme regardaient le spectacle quand ils virent un objet ovale et lumineux passer au-dessus de leur maison et disparaître vers le Nord-Est. Ce même phénomène se produisit aussi au-dessus de Steve Robinson alors qu’il conduisait son camion de lait sur la route au Nord de la ville. Robinson vit un objet ovale lumineux passer à très grande vitesse. Les bips radars continuèrent à s’intensifier jusqu’à ce que cela devienne une violation aérienne continuelle. Dès lors, cela devenait plus sérieux. Il devenait évident aux Autorités de la base qu’ils étaient sous surveillance et pouvaient en déduire qu’il s’agissait d’activité hostile.

Les Officiers de la base pensaient que cela pouvait être des Russes espionnant la base nucléaire et son site de lancement de missiles. Mais maintenant, le service de contre-espionnage le plus secret - CIC, qui opérait en 1947, aussi bien dans le Civil que dans l’Armée envoya du personnel à l’extérieur de Roswell. Le Personnel du CIC arriva de Washington, et se mit en civil pour enquêter sur les activités de l’ennemi dans le secteur. Ces gens rejoignirent les Officiers de renseignement de la base, comme Jesse Marcel ou Steve Arnold.

Dans l’après-midi du 4 Juillet 1947, les opérateurs radars notèrent que les objets sur les écrans semblaient changer de forme. Ils émettaient des impulsions. Ils semblaient devenir plus lumineux et ensuite moins lumineux alors que d’énormes orages éclataient dans le désert.

Steve Arnold qui se trouvait dans la tour de contrôle, vit un objet sur l’écran disparaître quelques instants puis réapparaître et exploser dans une brillante fluorescence blanche et enfin disparaître pour de bon.

L’écran était vide, les bips avaient disparu. Les contrôleurs et les officiers du CIC pensèrent tous la même chose : UN « OBJET » DEVAIT S’ÊTRE ÉCRASÉ. Alors que l’opérateur radar passait l’information au Colonel Blanchard, l’équipe du CIC avait déjà mobilisé une équipe de récupération pour baliser et sécuriser la zone du crash.

Ils pensaient que c’était un appareil ennemi venu prendre des photos de la base. Ils voulaient tenir les civils à l’écart au cas ou une fuite radioactive du système de propulsion de l’appareil se produirait. En fait, personne ne connaissait le système de propulsion de cet appareil.

Blanchard donna l’ordre à l’équipe de récupération d’aller sur les lieux, le plus vite possible et d’emmener avec elle tout l’équipement nocturne possible ainsi que des camions et une grue.

Si c’était un crash, il voulait ranger l’épave dans un hangar avant que les civils ne mettent la main dessus et racontent tout aux Journaux.

Mais les Contrôleurs de la base n’étaient pas les seuls à avoir vu un appareil s’écraser dans le désert. Des fermiers, des familles qui campaient dans le désert et des habitants de la ville avaient vu un appareil exploser dans une lumière intense et tomber vers Corona.

George Wilcox, le Shériff de la ville, commença à recevoir des appels, après minuit, selon lesquels un avion s’était écrasé dans le désert. Wilcox appela les pompiers de Roswell dès qu’il eut connaissance de la localisation approximative du lieu de l’accident.

Trouver le site du crash ne fut pas bien long, un groupe de chasseurs d’antiquités Indiennes, campait dans le désert, au Nord de Roswell, et avait vu aussi la lumière pulsante et entendu un sifflement. Ces chasseurs avaient ressenti l’étrange secousse au moment du crash, à relativement faible distance. Avant d’inspecter l’étrange épave fumante, ils avaient appelé le Shériff Wilcox et lui avaient donné la position de l’accident. Wilcox envoya les pompiers à un point situé à 60 Kms au Nord-Ouest de Roswell.

Vers 04h30 du matin, un convoi de pompiers accompagné par des policiers prit la route de Pine Lodge dans le désert.

Ils ne savaient pas qu’une équipe de Militaires était aussi en route. L’équipe militaire arriva la première. Un Lieutenant, dans la jeep de tête, posta des sentinelles et des lampes tempêtes furent installées tout autour de la zone.

Là, Arnold eut sa première impression de l’épave. Ce n’était pas réellement une épave, en tout cas pas celle d’un avion qu’il ne connaisse. Dans l’obscurité, le vaisseau de couleur foncée, semblait intact et n’avait pas perdu d’éléments importants. La zone était pleine de petits débris mais le vaisseau lui-même ne semblait pas abîmé.

Les militaires installèrent des projecteurs reliés à un générateur autour du site pour compléter l’éclairage des lampes-tempête. Sous cette lumière, Arnold put voir que l’objet avait une forme d’aile delta. Il était en un seul morceau même si l’avant était profondément enfoncé dans le sol et que sa queue pointait en l’air. Avec toute cette lumière, le terrain ressemblait à un terrain de football avant une nocturne.

Pour Arnold, ça ressemblait plutôt à un atterrissage forcé parce que l’appareil était intact même s’il avait une fissure sur toute sa longueur et qu’il faisait un angle de 45° avec le sol. Il ressemblait plus à une aile volante qu’à une soucoupe volante. Il était petit et avait deux ailerons de queue qui pointaient vers le haut et vers le bas.

Dans l’ombre, Arnold vit des créatures, d’une taille de 1,2 mètre environ, étalés sur le sol. "Qui sont ces gens ?" entendit dire Arnold, alors que l’équipe médicale approchait, avec des brancards, près de la lacération, du vaisseau, à travers laquelle les corps avaient, apparemment été, éjectés.

Arnold regarda autour du périmètre de lumière et vit une autre créature immobile et une autre encore appuyée contre un petit monticule de sable. Il y avait cinq créatures à côté de la lacération dans l’appareil. Les techniciens constatèrent l’absence de radiations et les médecins accoururent vers les corps avec leurs brancards.

Arnold regarda à travers la déchirure du vaisseau et leva les yeux. De l’intérieur, c’est comme s’il faisait jour à l’extérieur. Pour être sûr, Arnold jeta un oeil à l’extérieur et il faisait trop sombre pour appeler cela l’aube, mais à travers l’appareil, Arnold pouvait voir de la lumière. Pas celle de l’aube ou celle des projecteurs, mais néanmoins de la lumière. Il n’avait jamais vu ça auparavant et il se demandait si cela pouvait être une arme, que les Russes avaient développée.

Le site du crash était un véritable chaos. Beaucoup de gens étaient présents ; il y avait des techniciens qui exécutaient des tâches spécifiques, des médecins, des opérateurs radio, des sentinelles, et bien d’autres. Tous étaient estomaqués. Ils n’avaient encore jamais vu rien de semblable auparavant.

"Hé ! il y en a un de vivant ! " entendit Arnold, et il se retourna pour voir une des petites créatures se démener sur le sol. Avec le reste des médecins, il courut vers elle et la regarda frémir et pousser un cri qui résonnait non pas dans l’air mais dans son cerveau. Il n’entendit rien avec ses oreilles mais ressentit comme une onde de folie alors que la créature se convulsait par terre en tournant la tête d’un côté à l’autre comme si elle étouffait.

C’est là qu’il entendit le cri d’une sentinelle, " Hé ! Toi !", il se retourna vers le côté opposé du site qui se trouvait dans l’obscurité." Halte ! " hurla la sentinelle à la petite créature qui essayait de grimper désespérément par-dessus la butte." Halte ! " hurla à nouveau la sentinelle tout en brandissant son arme. D’autres soldats coururent vers la colline alors que la créature glissait dans le sable et recommençait à grimper.

" Non ! ". Trop tard un des officiers avait tiré. Arnold ne put voir lequel avait tiré mais il était trop tard. Il y eut une salve de coup de feux provenant des soldats nerveux et la petite créature roula sur le sol, comme une poupée, sous l’impact des balles.

" Merde ! " cracha à nouveau l’officier, " Arnold, vous et vos hommes partez d’ici et allez arrêter les civils qui s’approchent du périmètre."

Il annonça qu’un petit convoi de véhicules approchait. Ensuite, il appela, de loin, " Médecins,par ici ! ".

Les médecins chargèrent la créature sur une civière et Arnold installa du personnel du CIC pour bloquer l’entrée du site. Il entendit l’officier ordonner aux médecins de charger les corps sur des civières puis de les mettre à l’arrière des camions GMC pour les emmener à la base immédiatement.

" Sergent ! ", dit-il, "je veux que vos hommes mettent tout ce qui peut être ramassé dans les camions et embarquez moi ce damné machin.", il indiquait l’objet en forme d’aile Delta, "avec la grue et emmenez-le. Je veux cet endroit reluisant de propreté. Rien ne s’est passé ici, vous comprenez ?". Et les soldats formèrent une ligne pour ramasser tous les débris du site.

Une équipe de M.P. fut envoyée au devant du convoi de civils qui approchait du site. Ils mirent baïonnettes aux canons, chargèrent leurs M1 et les maintinrent tendus, droit devant eux.

Dan Dwyer, un des pompiers du convoi, put voir un oasis de lumière dans l’obscurité. Son petit convoi roulait avec les gyrophares mais sans les sirènes. On lui avait dit que c’était un avion crashé.

Alors qu’il s’approchait de la zone lumineuse, qui ressemblait plus à un parc d’attractions qu’à un crash d’avion, il put voir les soldats en cercle autour de l’objet. En s’approchant encore, il put voir l’objet en forme d’aile Delta.

Trois ou quatre soldats chargeaient l’objet sur un camion et étaient occupés à le fixer avec chaînes et câbles.

Pour quelque chose, tombé du ciel, c’était plutôt indemne. Puis les soldats recouvrirent l’objet avec une bâche et il fut totalement camouflé. Un Capitaine de l’Armée s’approcha et derrière lui se tenait une ligne de soldats armés, baïonnettes au canon, avec des insignes M.P. aux bras.

" Vos gars peuvent repartir " dit le Capitaine à un officier de police de Roswell, " Nous avons sécurisé la zone".

"Et les blessés ?" demanda le policier." Pas de blessés, nous avons tout, sous contrôle. " répondit le Capitaine. Mais Dwyer put voir des petits corps sur les brancards chargés dans les camions. Deux d’entre eux se trouvaient dans des sacs à cadavres, mais un était attaché à son brancard. L’officier de police le vit aussi. Celui-là semblait vivant. "Et à propos d’eux ?" demanda t’il.

" Hé ! chargez tout ça !" dit le Capitaine aux hommes occupés à charger les brancards dans les camions. "Officier, vous n’avez rien vu ce soir ! ".

Dwyer, qui connaissait le personnel de Roswell, reconnut Jesse Marcel. Il vit aussi les débris à l’arrière des camions. Dwyer descendit de son camion et contourna la ligne de soldats dans la zone sombre. Il y avait tellement de remue-ménage que Dwyer se doutait que personne ne ferait attention à lui pendant qu’il jetait un oeil.

Il alla derrière un camion et regarda directement dans les yeux de la Créature attachée sur le brancard. Elle n’était pas plus grande qu’un enfant, pensa t’il, mais ce n’était pas un enfant. Une tête en forme de ballon et disproportionnée. Elle ne ressemblait pas à un humain bien qu’elle ait des caractéristiques humanoïdes. Ses yeux étaient larges, noirs et inclinés. Ses oreilles étaient juste des petites rainures sur les côtés de la tête. Sa bouche et son nez étaient très petits. La couleur de la créature était marron-gris et elle était complètement chauve.

Elle le regarda comme un animal pris au piège qui demande de l’aide. Elle ne produisait aucun son mais Dwyer comprit qu’elle savait qu’elle était en train de mourir.

Dwyer put voir les débris sur le sol qui provenaient de l’appareil. Il pouvait voir ces débris répandus dans le petit cratère et dans l’obscurité derrière les projecteurs. Des soldats marchaient à quatre pattes et ramassaient dans des sacs tout les débris. D’autres, devant eux, marchaient avec des détecteurs de métaux.

Il lui sembla qu’ils nettoyaient la zone. Dwyer ramassa un morceau métallique qui brillait dans le sable. Il le prit dans son poing et le roula en boule. Puis il le relâcha et le morceau reprit sa forme originale, sans aucuns plis. Il mit ce morceau dans sa poche pour le ramener à la caserne afin de le montrer à sa fille.

Un sergent M.P. s’approcha de lui et lui dit," Hé vous ! que faites vous ici ?". "Je fais partie de la compagnie des Pompiers" répondit-il le plus innocemment possible. "Hé bien vous mettez votre cul de civil dans votre camion et vous partez d’ici" ordonna t’il "Avez-vous prit quelque chose ?". " Pas moi, Sergent" dit Dwyer.

Alors le sergent l’agrippa et l’emmena jusqu’au Major qui donnait des ordres à côté du générateur alimentant les projecteurs. Il reconnut Jesse Marcel, un habitant de Roswell.

"J’ai attrapé ce pompier en train de flâner autour des débris, Major " dit le sergent.

Marcel reconnut Dwyer, bien qu’ils ne soient pas amis. Il lui jeta un regard tendu et lui dit "Vous devez partir d’ici et ne dire à personne ou vous étiez ni ce que vous avez vu". Dwyer hocha la tête. Marcel se tourna vers le sergent et dit, "Sergent, conduisez le jusqu’à son camion et faites le partir."

Dwyer remonta dans son camion et dit au chauffeur de revenir à la caserne."Vous avez l’ordre de quitter cet endroit" dit le sergent "tout de suite !".

Le camion transportant l’objet avait déjà traversé la ville de Roswell endormie. L’observation d’un grand objet bâché derrière un camion militaire n’avait rien d’inhabituel. Le soleil commençait à se lever lorsque le camion franchit la porte de la base du 509ème Groupe.

Roy Danzer, plombier, qui avait travaillé toute la nuit sur la tuyauterie de la base, savait que quelque chose se passait à cause du convoi de camions dans l’obscurité. Il se trouvait à l’Hôpital de la base pour fumer une cigarette et pour se faire soigner une coupure faite, quelques jours plus tôt.

C’est pendant cette pause qu’il vit que l’agitation à la porte de la base s’était transformée en un tourbillon de soldats pressés et qu’un groupe de M.P. repoussait la foule afin de se faire un passage. Ensuite cette foule alla directement vers l’Hôpital, tout droit vers l’endroit où se tenait Roy. Personne ne lui dit de se pousser ou de partir. En fait, personne ne lui parla.

Roy en regardant les soldats passer, vit la Créature attachée sur le brancard et portée par deux soldats. Ceux-ci entrèrent directement dans l’Hôpital. Pendant leur passage, Roy regarda la créature, la créature regarda Roy et Roy sut en un instant que ce qu’il regardait n’était pas humain. C’était une créature venant d’ailleurs.

Le regard implorant sur le visage de cette créature et le sentiment de douleur et de souffrance que Roy vit et ressentit dans sa tête, lui fit comprendre que c’était la fin pour elle. Elle ne parlait pas et bougeait à peine. Les deux porteurs jetèrent un regard mauvais à Roy en passant à côté de lui.

"Mais qu’est ce que c’est que ça ?" demanda t’il à personne en particulier. Deux MP l’attrapèrent brutalement et l’emmenèrent jusqu’à un officier, un Capitaine pensa t’il, qui posa le doigt sur le visage de Roy et lui hurla dans les oreilles, "Qui êtes-vous ?". Sans attendre de réponse, les deux autres officiers lui demandèrent avec qu’elle autorisation il se trouvait dans la base.

Ces gars ne plaisantaient pas et Danzer pensa qu’il ne reverrait jamais sa famille. Il était effrayé. Mais un Major s’approcha et brisa la tension." Je connais ce gars", dit-il, "Il travaille ici avec d’autres, il est OK".

"Major" dit le Capitaine mais le Major le prit par le bras et Danzer put les voir discuter un peu plus loin et le regarder. Le visage cramoisi du Capitaine retrouva peu à peu sa couleur normale et les deux hommes retournèrent à l’endroit où les deux MP plaquaient Danzer contre le mur.

"Vous n’avez rien vu, vous comprenez ?" dit le Capitaine à Danzer qui hocha la tête, "Vous ne direz rien, ni à votre famille, ni à vos amis, vous comprenez ?". "Oui, Monsieur" dit Danzer. Il était moins effrayé maintenant.

"Nous saurons quand vous parlerez, nous saurons ce que vous aurez dit et alors tout de vous disparaîtra, tout simplement".

"Capitaine !" le coupa le Major." Monsieur, ce gars n’a rien à faire là et s’il parle, je ne peux rien garantir." répliqua le Capitaine.

"Donc, oubliez tout ce que vous avez vu" dit le Major directement à Danzel. "Oui, Monsieur" répondit-il.

Danzel ne jeta même pas un regard derrière lui pour voir l’équipe de soldats transportant les sacs à cadavres entrer dans l’Hôpital. Les créatures furent préparées pour une autopsie.

Bull Blanchard autorisa la rédaction d’une dépêche sur "La soucoupe volante" qui fut envoyée par le service des relations publiques. Le Général Ramey ordonna à Jesse Marcel de retourner là-bas et de retirer l’histoire de la soucoupe volante. Cette fois, Marcel reçut l’ordre de dire qu’il avait fait une erreur et que les débris étaient ceux d’un ballon météo.

Dans les jours et les semaines qui suivirent le crash et la récupération, les Services de Renseignement militaire et le personnel du CIC allèrent à Roswell et dans les communautés alentours pour supprimer toute information possible ; par la violence, l’intimidation physique et d’après certaines rumeurs, il y eut même un homicide. Les Officiels de l’Armée réduisirent la Communauté au silence.

Mac Brazel qui était le propriétaire de l’endroit où le crash avait eu lieu et qui fut un des tout premiers visiteurs du site fut menacé et soudoyé. Il devint tout à coup silencieux sur ce qu’il avait vu dans le désert. Les officiers du bureau du Shériff Wilcox furent forcés d’admettre que cela était du ressort de la Sécurité Nationale et que ça ne pouvait être discuté ouvertement.

"Ce n’est jamais arrivé " décréta l’Armée.

Quelques-uns des témoins déclarèrent avoir eu des séances d’intimidations par des Militaires de Roswell. Parmi eux, la fille de Dan Dwyer, se rappelle la visite d’un officier avec des lunettes noires, dans sa cuisine, il lui dit que si elle racontait quelque chose, elle et sa famille disparaîtraient dans le désert.

La fille de Roy Danzer, elle aussi fut effrayée par la vue de son père à son retour de la base de Roswell le 5 Juillet 1947. Il ne lui raconta jamais rien mais elle entendit des bribes de conversations dans la chambre de ses parents. Ils parlaient de petites créatures et la phrase : "Ils nous tueront tous !"

Les débris récupérés dans le désert furent envoyés à Fort Bliss, Texas, et sommairement analysés.

Aussitôt arrivés, quelques-uns des débris furent envoyés à la base de Wright Airflied, future Wright Patterson. Le reste fut chargé dans des camions et envoyé à Fort Riley, Kansas.

Jesse Marcel retourna à son travail habituel comme s’il n’avait jamais touché l’épave de l’étrange vaisseau de ses propres mains.

Voici l’histoire telle qu’elle fut racontée à Philip Corso. Il n’était pas à Roswell cette nuit là.

3 - Convoi pour fort Riley

Le 6 Juillet 1947, le Lundi suivant la fête du 4 Juillet, personne ne remarqua les cinq camions entrer dans la base de Fort Riley, cet après-midi la, en provenance de Fort Bliss, Texas, et en partance pour Wright Field, Ohio.

En 1947, Corso se trouvait dans cette base de Riley, à l’école militaire. Il ne se doutait pas à cette époque que ce qui se trouvait dans ces camions atterrirait sur son bureau des années plus tard.

Tout était calme ce soir là, Corso était l’officier responsable de la garde. Alors qu’il s’apprêtait a faire sa ronde, il vit sur l’ordre de mission que Mr Brownie, un de ses amis qui faisait partie de son équipe de bowling et collègue de travail, faisait partie de la garde et que son poste se trouvait devant le vieil immeuble de la clinique vétérinaire.

Corso commença son tour des différents bâtiments afin de voir si tout le monde faisait bien son devoir et se trouvait à son poste. Corso alla à l’immeuble de la clinique où devait se tenir Brownie. Mais quand il arriva Brownie n’était pas là où il était censé être. Quelque chose n’allait pas.

"Major Corso" dit une voix dans la pénombre. La voix était excitée et terrorisée.

"Mais qu’est ce que vous faites la, Brownie ?" demanda Corso à la silhouette qui le regardait de derrière la porte. Brownie était supposé être à l’extérieur de l’immeuble, pas à l’intérieur. C’était un manquement aux règles.

"Vous ne comprenez pas, Major " chuchota t’il à nouveau," Vous devez voir « Ça »".

"Il vaudrait mieux que vous sortiez" dit Corso en s’approchant de l’endroit ou se tenait Brownie et attendit qu’il sorte." Maintenant, vous sortez pour que je puisse vous voir " ordonna t’il. Brownie sortit sa tête de derrière la porte et dit "Vous savez ce qu’il y a ici ?". L’immeuble était interdit d’accès à quiconque. Même les sentinelles devaient rester dehors parce que ce qui était à l’intérieur était classifié "Accès interdit".

"Brownie, vous n’êtes pas supposé être là" dit Corso, "Sortez et dites-moi ce qui se passe". Brownie sortit par la porte et Corso put voir que son visage était pale, comme s’il avait vu un fantôme. "Vous n’allez pas croire ça" dit-il, "Je ne le crois pas moi-même et je viens pourtant de le voir."

"De quoi parlez-vous ?" demanda Corso.

"Les gars qui ont déchargé ces caisses", dit Brownie, "ils nous ont dit qu’ils emmenaient ces caisses de Fort Bliss et que cela provenait d’un accident au Nouveau Mexique."

"Oui et alors ?" demanda Corso avec impatience. "Hé bien, ils nous ont dit que tout cela était Top-Secret mais qu’ils avaient regardé à l’intérieur des caisses. Tout le monde l’a fait pendant le chargement des caisses dans les camions. Les gars qui ont chargé ces caisses ont dit qu’ils ne croyaient pas ce qu’ils avaient vus. Vous avez l’autorisation d’accès, Major, vous pouvez venir."

Corso était l’Officier de la garde, il avait donc accès à tous les endroits de la base pendant la garde. Donc il entra à l’intérieur de la clinique vétérinaire. Il n’y avait personne à part lui et Brownie.

"C’est quoi toutes ces caisses ?" demanda t’il.

"Justement, Major, personne ne le sait" dit Brownie, "les chauffeurs nous ont dit que cela venait d’un avion crashé dans le désert quelque part autour de la base du 509e Groupe. Mais quand ils ont regardé à l’intérieur, ce n’était rien de connu. Rien qui ne soit de cette planète."

C’était la chose la plus stupide que Corso ait entendu. Lui et Brownie marchèrent jusqu’aux caisses. "Vous n’êtes pas supposé être ici" dit Corso, "Vous feriez mieux de partir."

"Je surveille dehors pour vous, Major" répondit Brownie. Corso attendit que Brownie reprenne sa place dehors. Il y avait une trentaine de caisses en bois entassées le long d’un mur. Corso utilisa sa lampe torche et marcha autour jusqu’à ce que sa vue s’habitue à l’obscurité. Corso trouva une caisse sur laquelle le couvercle semblait avoir été ouvert récemment.

Corso posa sa lampe et commença à retirer les clous qui avaient visiblement déjà été retirés. Il fit glisser le couvercle le long de la caisse, reprit sa lampe et jeta un coup d’oeil à l’intérieur.

Son estomac se retourna et Corso se figea. Cette caisse était une sorte de cercueil, mais un cercueil comme il n’en avait jamais vu. L’intérieur était entouré d’une sorte de paroi en verre et était rempli d’un liquide bleu lumineux, un peu comme un gel. La chose flottait et brillait comme la peau d’un poisson.

Au début, Corso pensa que c’était le cadavre d’un enfant qu’ils emmenaient quelque part, mais ce n’était pas un enfant.

Cela avait une forme humaine, de 120 cm de haut, avec des bras, des jambes, des pieds, et une tête énorme. Corso toucha la peau grise, mais cela ressemblait plus à une sorte de vêtement en une seule pièce qu’à de la peau.

Ses yeux avaient dû rouler dans leurs orbites parce qu’il ne put voir de pupilles ou d’iris. Ces yeux étaient démesurés et pointaient vers le bas, de chaque côté du très petit nez. Cela ressemblait à un nez de bébé. La chose n’avait pas d’oreilles, pas de pommettes saillantes, pas de sourcils et aucuns cheveux.

Elle avait une bouche très fine et fermée, ressemblant plus à un pli qu’à un orifice fonctionnel. Le corps n’avait aucun dommage et aucune indication qu’il ait été impliqué dans un accident. Il n’y avait pas de sang, pas de coupures. Dans le conteneur, Corso trouva un document des Services de renseignement militaires qui décrivait la créature comme étant un occupant d’un vaisseau qui s’était écrasé à Roswell, Nouveau Mexique, ce week-end, et envoyé à la base de Wright Field puis à la morgue de Walter Reed. Corso remit le document dans la caisse. À cause du temps perdu à examiner la chose, il avait raté certains points de contrôles de sa garde mais personne, apparemment, ne le remarqua le lendemain.

Corso espérait avoir vu une sorte de mutation humaine due à la radioactivité. Il savait qu’il ne pouvait parler de cela à personne et espérait ne jamais revoir ça. Il tenta d’imaginer l’origine de la ‘chose’ : expérience génétique Nazie, monstre de cirque mort mais il savait que cela ne pouvait être qu’une seule chose : un Extraterrestre.

Corso remit le couvercle sur la caisse et enfonça les clous avec le dos de sa lampe. Il rejoignit Brownie à la porte. "Vous savez que vous n’avez jamais vu ça" dit Corso, "et vous ne direz rien à personne".

"Vu quoi, Major ?" répondit Brownie.

Corso retourna au quartier des Officiers en repensant à l’image de la Créature.

4 - Les objets de Roswell

Corso ne revit jamais le corps de la créature sauf à travers des photos d’autopsies et des rapports médicaux envoyés à son attention en 1961, au Pentagone.

Quand Corso arriva au Pentagone, en 1961, il était Lieutenant Colonel. Il entra dans le bureau du Général Trudeau. "Alors quel est le grand secret, mon Général ?" demanda t-il à son nouveau patron. C’était une façon bizarre de parler à un Général, mais ils étaient devenus amis pendant que Corso travaillait dans l’équipe d’Eisenhower. "Pourquoi pas le bureau d’en face ?" proposa t’il.

"Parce qu’ils vous ont toujours observé, Phil" dit Trudeau. Il marcha avec Corso au travers de bureaux d’archives. "Les choses n’ont pas beaucoup changées depuis votre retour d’Allemagne." Dit il, "Nous savons qui sont nos amis et qui nous pouvons croire.".

Ils étaient en pleine Guerre Froide et il y avait des ennemis partout, alentour : dans les Services de renseignement et même à la Maison Blanche. Ils savaient que la CIA était infiltrée par le KGB.

Trudeau dit à Corso, "J’ai besoin de vous pour couvrir mes arrières, mon Colonel. J’ai besoin de vous, pour voir pour moi, parce qu’avec tout ce que j’ai à faire, je ne peux pas me protéger moi-même."

Corso devint donc l’assistant spécial de Trudeau au département de RD (Recherche et Développement), une des divisions du Pentagone et une des plus sensibles parce qu’elle travaille avec des plans très secrets et par son entremise, la conception des armes du futur devient une réalité.

Le RD était le relais entre la lueur dans l’oeil de quelqu’un et le prototype sortant d’une usine pour démontrer son potentiel. Le travail de Corso était de garder tout cela secret jusqu’à ce qu’il soit développé.

"Mais il y a autre chose que vous allez faire pour moi, Phil" dit Trudeau, "Je vais faire déplacer cette armoire dans votre bureau.". Corso avait son bureau au deuxième étage, juste sous celui de Trudeau. Il pouvait ainsi entrer par la porte de derrière dans le bureau de Trudeau sans que quiconque ne puisse le voir.

"Ce sont des dossiers spéciaux, du matériel de guerre que vous n’avez encore jamais vu. Je veux que vous les preniez sous votre responsabilité au RD" dit Trudeau.

Le rôle de Corso au RD était de lire les rapports des Services de renseignement, de visionner des tests d’armes, de discuter avec Scientifiques et Universitaires pour savoir ce qu’ils savaient du travail de leurs collègues au-delà des mers. Puis il devait écrire des propositions d’armes nouvelles dont l’Armée Américaine aurait sûrement besoin.

L’Armée cataloguait les recherches sur les armes en deux catégories : les domestiques et les étrangères. Corso devait savoir ce que les Français faisaient avec leurs hélicoptères, si les Anglais étaient capables de fabriquer un avion à décollage vertical. Il y avait le V3 Allemand, la petite-fille de la "Grosse Bertha" avec laquelle les Allemands pilonnèrent Paris pendant la Première Guerre Mondiale. Ils découvrirent après l’invasion de Normandie, tout le travail des Nazis effectué sur les avions à réactions et les nouveaux Panzers qui auraient changé le cours de la Guerre s’ils avaient eu un peu plus de temps de les développer.

Le rôle de Corso était de récupérer cette technologie, de reprendre les idées qu’ils n’avaient pas eues eux-mêmes et il devait émettre des recommandations sur la façon d’incorporer tout cela dans les plannings d’armements en cours.

"Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe habituellement dans les mains" dit Trudeau, "Je ne sais pas ce que vous avez eu l’occasion d’apprendre à ce sujet quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d’écrire quoi que ce soit, vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell."

Corso ne fit pas tout de suite, la relation entre le dossier de Roswell et ce qui se trouvait dans le bureau du Général Trudeau. Trudeau appela quatre hommes qui transportèrent l’armoire jusqu’au bureau de Corso au 2ème étage.

Trudeau dit aux hommes, "Ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Ne parlez à personne. Si quelqu’un vous arrête, dites-lui de venir me voir. C’est un ordre."

Trudeau se tourna vers Corso et dit "Pourquoi ne passeriez vous pas un peu de temps avec tout cela ? mais pas trop quand même ! ".

Corso passa quelques temps à réfléchir dans son bureau sur la raison selon laquelle ces dossiers l’attendaient dans le bureau de Trudeau et pourquoi il avait voulu lui en parler directement, seul à seul. Trudeau n’avait rempli aucun bordereau pour le transfert de l’armoire. Donc quoi que ce fût, c’était certainement sérieux et très secret.

Corso se rappela ce 6 Juillet 1947, au Kansas, où il avait vu la « Chose » dans la caisse, à Fort Riley et espérait que ce qui se trouvait dans l’armoire n’ait pas de lien avec tout ça.

Corso ouvrit l’armoire et immédiatement eut la chair de poule. Il savait déjà en regardant les boîtes à chaussures pleines de circuits et de fils enchevêtrés, l’étrange morceau de tissu de la visière nocturne et bien d’autres choses qui y étaient mêlées que sa vie allait radicalement changer.

C’était donc ça : du matériel récupéré à Roswell. Corso entendit des pas et Trudeau, passa la tête par la porte, "Vous avez regardé à l’intérieur ?" demanda-t-il.

"Qu’êtes vous en train de me faire, mon Général ?" répondit Corso, "Je pensais que nous étions amis ?!"

"C’est justement pour cela que je vous ai donné tout ça." dit Trudeau. "vous savez combien tout cela est précieux ? vous savez ce que feraient toutes les autres Agences pour l’avoir en mains ?"

"Ils me liquideraient" dit Corso. "Ils voudraient vous éliminer, de toute façon " répondit Trudeau, "L’Air Force le voudrait parce qu’elle pense que c’est à elle. La Navy le voudrait également parce qu’elle veut tout ce qu’a l’Air Force. La CIA le voudrait aussi pour pouvoir le donner aux Russes."

"Que voulez vous que je fasse, mon Général ?", demanda Corso.

"J’ai besoin d’un plan, Phil, pas seulement de savoir à qui sont, ces éléments mais surtout ce que nous pouvons en faire."

Cela ressemblait tout simplement à un complot. "Regardez ; quel est notre plus grand problème ?" demanda Corso.

"Les mêmes que ceux qui ont contribué à nous faire perdre la Guerre de Corée et que vous avez combattu à la Maison Blanche." dit Trudeau, "vous savez exactement ce que je veux dire. Cela ne doit pas tomber dans de mauvaises mains sinon aussi sûr que nous sommes dans le Pentagone, cela ira directement au Kremlin."

"Nous devons d’abord savoir ce que nous avons. C’est donc votre travail. Avons-nous quelque chose d’utilisable ?"

"Est ce que quelqu’un sait déjà ce que j’ai ?" demanda Corso.

"Ils vous épient comme ils m’épient moi-même " répondit Trudeau.

D’abord, il y avait un filament clair et flexible composé de fils, ressemblant à du verre, entortillés dans une espèce de gaine grise comme s’ils c’étaient des câbles de jonction.

C’étaient des filaments étroits, plus fins que des fils de cuivre. Quand Corso tenait la gaine à la lumière du bureau, il pouvait voir une lueur passer au travers comme s’ils la transportaient et la cassaient en différentes couleurs.

Quand le personnel trouva ceci à côté de l’épave, ils ont dû penser que c’était un relais électrique.

Ensuite, il y avait le mince morceau gris mat, en forme d’ouvre huître de 5 cm de diamètre qui ressemblait à du plastique mais qui révélait de minuscules empreintes de fils électriques, à peine en relief à la manière d’un réseau routier sur sa surface.

Ces traces avaient la taille d’une pièce de 25 cents, mais la gravure qui en résultait rappelait à Corso celle de corps d’insectes plaqués/écrasés à sa surface, en raison des centaines de pattes étalées qui en partaient à angle droit. Quelques unes de ces formes étaient arrondies et d’autres elliptiques. C’était un circuit, comme il était possible de le constater à travers une loupe, mais un circuit inconnu de Corso. C’était un morceau de circuit qui provenait d’un grand tableau de bord du vaisseau.

Corso était aussi intéressé par un dossier descriptif qui accompagnait deux pièces d’une sorte de peau noire. Comme une lentille d’œil, de forme elliptique.

Les médecins pathologistes de Walter Reed prétendaient que ces lentilles adhéraient aux yeux des Créatures extraterrestres et semblaient réfléchir la lumière existante. Même s’il faisait sombre, cela illuminait et intensifiait les images afin de permettre aux porteurs de voir les objets. Les rapports disaient que les médecins pathologistes de l’Hôpital de Walter Reed qui avaient pratiqué l’autopsie d’une de ces créatures, avaient essayé de regarder au travers en pleine nuit pour voir les sentinelles et les aides médicales marcher dans un corridor adjacent au laboratoire.

Les silhouettes étaient illuminées d’une lueur orange, selon la façon de tenir ces lentilles. Les médecins pathologistes ne pouvaient voir que les silhouettes mais avec les lentilles, ils pouvaient voir les rangées de fournitures accrochées aux murs et les objets sur les bureaux.

Corso pensa que peut-être les soldats pourraient porter une lunette de vision qui intensifierait les images afin de permettre la navigation dans l’obscurité. Ces choses ne transformaient pas la nuit en jour, elles illuminaient seulement les silhouettes des objets.

Il y avait une feuille argentée, terne, que l’on pouvait tordre, plier, comprimer et qui reprenait sa forme originale, sans aucuns plis. C’était une fibre métallique qui avait les caractéristiques de ce qui s’appellerait plus tard, "Super Résistant ". Quand Corso essayait de couper la feuille avec des ciseaux, les lames glissaient dessus. Les fibres semblaient aller dans une même direction.

Pour Corso, c’était un vêtement avec des fibres métalliques, qui avait la douceur et la malléabilité d’un tissu et la force et la résistance d’un métal.

Il y avait une description et un croquis d’un autre objet. Comme une sorte de lampe torche avec sa propre source d’énergie qui n’était pas une pile.

Les Scientifiques à Wright Field qui l’avaient examiné disaient qu’ils ne pouvaient pas voir le rayon de lumière sortir de l’objet mais que lorsqu’ils le tenaient face à un mur, ils pouvaient voir un petit rond rouge de lumière sur celui-ci. Quand ils faisaient passer un objet entre le mur et la lampe, le rayon était si intense que l’objet commençait à fumer. Ils jouèrent longtemps avec avant de comprendre que c’était un couteau extraterrestre.

Lorsque de la fumée passait dans le rayon, celui-ci devenait tout à coup visible.

Pourquoi les occupants du vaisseau avaient un couteau de cette sorte ? C’est plus tard que Corso, en lisant des rapports militaires sur les mutilations de bétail durant lesquelles des organes étaient retirés sans traumatisme des tissus, réalisa que le rayon de lumière était un scalpel qui avait été utilisé par les Extraterrestres lors d’expériences médicales sur les troupeaux.

Il y avait un objet étrange, une sorte de bandana qui avait des connexions électriques sur une face. Peut-être récupérait-il les ondes cérébrales comme un encéphalogramme. Mais aucune expérience ne prouva qu’il faisait quelque chose d’équivalent. Les Scientifiques ne savaient pas comment l’utiliser et ne savaient pas qu’elle en était la source d’énergie.

5 - À l’intérieur du Pentagone, au bureau des RD

Le Pentagone ne dort jamais, il y a toujours quelqu’un qui y travaille.

Corso passait plus de temps dans son bureau que chez lui. Soirée, week-end, tôt le matin avant l’aube, Corso réfléchissait sur la stratégie à recommander à son patron.

Tout le monde pense que le Pentagone est une énorme entité avec un seul esprit et avec un seul but. Tout le monde pense aussi que l’Armée Américaine n’a qu’un seul but que tout le monde fonctionne ensemble.

C’est totalement faux.

L’Armée Américaine et le Pentagone sont comme n’importe quelle grosse entreprise avec des centaines de bureaux différents. Beaucoup de buts différents et des ordres du jour très différents.

Comme la Navy, l’Air Force avait des partisans différents avec des buts différents. Chacun jouait avec l’autre dans un seul but : avoir la plus grosse part du budget militaire. Et au centre de tout cela, le service où serait dépensé tout cet argent par les gens qui développeraient des armes dans leur branche militaire respective.

Donc avec toutes ces tensions entre les bureaux du Pentagone, Corso ne mit pas longtemps à comprendre la politique à suivre pour son nouveau travail. Avec les rapports de terrain, les analyses scientifiques, les autopsies médicales et les débris technologiques du crash de Roswell, il devait tout laisser sous clefs.

Quand les gens pensent que vous n’êtes pas là, ils parlent. Et c’est à ce moment-là que vous apprenez des choses. Durant les deux premières semaines de son travail, Corso entendit beaucoup de choses, notamment sur la politique utilisée pour la découverte de Roswell durant les 40 ans séparant le crash et les intenses discussions à la Maison Blanche après qu’Eisenhower soit devenu Président.

Chaque branche de l’Armée avait protégé ses propres dossiers sur Roswell et avait essayé de récupérer le plus possible de matériel de Roswell. Il est à peu près sûr que tous les services avaient leurs propres rapports des Examinateurs de Walter Reed et Bethesda en ce qui concernait la physiologie des Extraterrestres.

Il était clair, pour Corso, que vu la façon dont l’Air Force et la Navy formulaient leurs plans de développements d’armes avancées, quelques pièces de même nature que celles de Corso se trouvaient dans ces autres services.

Personne ne disait rien mais tout le monde voulait savoir ce que possédait l’autre. Malgré tout, il y avait de réelles histoires qui circulaient. Par exemple, Corso entendit une rumeur selon laquelle l’Air Force gardait l’ovni à la base d’Edwards, en Californie et qu’elle étudiait la technologie du vaisseau et plus particulièrement le système de propulsion par ondes magnétiques.

D’autres rumeurs circulaient autour de l’Air force à propos de l’implication de Roswell dans le design des bombardiers en formes d’ailes. L’Armée avait développé des avions en formes d’ailes après la Première Guerre Mondiale et un an après le crash de Roswell, la compagnie Northrops commençait les essais de leur aile volante, YB49 : un bombardier.

Le YB49 avec ses 4 queues verticales était si ressemblant à la forme de l’appareil de Roswell qu’il était difficile de ne pas faire le lien.

Mais le développement des ailes volantes commença 10 ans avant l’arrivée de Corso aux RD donc il n’avait pas de preuves sur ce lien entre le bombardier et le vaisseau extraterrestre.

Le Général Trudeau avait raison lorsqu’il disait que tout le monde au Pentagone épiait le bureau des RD parce qu’ils pensaient que les RD avaient quelque chose en leur possession. Les gens voulaient savoir sur quoi les RD travaillaient, juste pour être sûr que ce n’était pas sur la même chose que la leur et que les RD ne gaspillaient pas le budget.

En plus des attentions des autres services, Corso et Trudeau devaient faire face aux analystes de la CIA. La CIA collectait le maximum de pouvoir possible. L’information c’est le pouvoir, et plus la CIA essayait de se renseigner sur les programmes de développements en cours, plus les RD étaient nerveux.

"Vous m’avez mis sur un siège brûlant, mon Général" dit Corso, "Comment la CIA sait-elle ce que nous avons ?"

"Ils ne font que des suppositions, je pense" répondit-il, "Ils doivent procéder par élimination. Regardez, tout le monde suspecte, ce que possède l’Air Force".

Trudeau avait raison. Tout le monde au Pentagone pensait que l’Air Force possédait le "SaintGraal", un vaisseau spatial et même un extraterrestre vivant.

Personne n’en était certain mais tout le monde savait qu’après la séparation de l’Air Force d’avec le reste de l’Armée, en 1948, celle-ci avait envoyé du matériel de Roswell à Wright Field, Ohio, base de l’Air Force.

La Navy avec sa technologie sous-marine et ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires luttait avec son propre problème : Les UUO ou USO - Unidentified Submerged Objets ( objets sous-marins non identifiés ) -.

La Navy cherchait où Ils avaient construit leurs bases sous-marines, bien plus en profondeur que les capacités de leurs meilleurs sous-marins. La Navy était toute pré-occupée à faire sa propre guerre contre les vaisseaux extraterrestres en l’air et sous la mer.

Les RD devaient développer un système de camouflage sur la technologie de Roswell. Ils opéraient avec le budget normal pour l’analyse des nouvelles armes.

Ils avaient des contrats avec les plus grandes entreprises nationales. Les buts des recherches étaient d’améliorer les armes actuelles avec les renseignements collectés dans les autres pays. Les Français, les Italiens, les Allemands avaient leurs propres systèmes d’armements et leurs propres développements en cours qui semblaient exotiques pour les standards Américains mais qui pouvaient avoir certains avantages.

Ce que l’Armée avait récupéré à Roswell était probablement le secret le mieux gardé. Jusq

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