La vague d'US airships de 1878 à 1897

La vague d'US airships de 1878 à 1897


En 1896-1897, les Etats-Unis sont le lieu d'une vague d'observations avec plus de 1 500 témoignages "d'airships". Le fait que les airships déployaient des sources lumineuses et des comportements identiques à ceux des ovnis modernes, indique que ces phénomènes sont probablement de la même essence, produits par la même intelligence. Cependant ces observations sont mélangées avec des observations de ballons ce qui complique la tâche des ufologues. Par conséquent, les histoires d'airship dans la presse de cette époque ne doivent pas être systématiquement assimilées d'office à des "observations d'OVNIS" juste à leur lecture. Il faut analyser au cas par cas avant de se prononcer. Il existe plusieurs cas de vols groupés de plusieurs « engins », et même deux ou trois cas de « vaisseau-mère » éjectant de plus petits corps qui excluent d'office toute méprise avec un ballon.

 

 

Airship (en français : « vaisseau volant ») était le terme utilisé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, principalement en Europe et en Amérique du Nord, pour désigner des phénomènes aériens non-identifiés. Les ufologues établissent généralement un lien entre ce phénomène et celui des OVNIs.

Le nom « Airship » provient du contexte technologique de l'époque. À ce moment, les seuls engins volants connus de l'homme étaient les ballons et surtout les dirigeables, dits aussi « vaisseaux » ou « navires des airs ». Les phénomènes que recouvraient le terme « Airship » ont donc été nommés en fonction des premières réalisations de la technologie aérienne. D'ailleurs, plusieurs observations de ces « vaisseaux volants » indiquent qu'ils avaient une forme ronde (comme les ballons) ou allongée en cigare (comme les dirigeables).

La vague de 1896-1897

La première grande vague d'observations d'« Airship » aurait eu lieu en 1896-1897. Auparavant, les observations de ce phénomène avaient été rares et ponctuelles. Le 17 novembre 1896, entre 18h et 19h, une lumière survole Sacramento (Californie). Elle est observée par des centaines de personnes, qui souvent décrivent le phénomène comme un long cigare d'aluminium ailé, avec un projecteur. Tout le monde pense à un dirigeable humain, certains affirment même avoir entendu des voix humaines provenant de l'aéronef, qui était à basse altitude. Le lendemain, un objet semblable est observé dans le ciel d'Oak Park et de Sacramento. Le 20 novembre, c'est un ballon muni d'un phare à l'avant, d'un projecteur ventral et de deux paires d'ailes qui est vu à Oakland, toujours en Californie.



Le 22 novembre, toujours à Oakland, un « cigare ailé muni d'un projecteur » est observé. D'autres observations ont lieu aux États-Unis, dans 19 États. Le 15 décembre, un dernier airship est observé à San Francisco. De nombreux affabulateurs prétendront être les inventeurs, ou les pilotes, de ces airships. Cependant, ce ne fut qu'en 1897 que l'Autrichien David Schwartz fit voler à Berlin le premier dirigeable métallique (et donc le premier dirigeable ressemblant aux airships observés quelques mois plus tôt aux États-Unis). Ce premier essai de dirigeable métallique se solda cependant par un crash.

En janvier 1897, les observations reprennent. Le journal Omaha Daily Bee écrit : « Lundi dernier [le 25 janvier], à 21 h 30, on a vu la lumière faire des cercles pendant quelques minutes, puis descendre à environ 60 m du sol tout en poursuivant ses rotations à une vitesse incroyable... On guette son éventuelle réapparition ». Ce même journal parle de l'observation faite à Hastings, dans le Nebraska, le 1er février, où un aéronef très lumineux, immobile près de la ville, avant de se mettre en mouvement en faisant des cercles. Le 4 février, toujours dans le Nebraska, un objet volant d'environ 10 mètre de long et de forme conique, muni d'ailes et de lumières est observé. D'après les témoins, on entendit des voix et des rires. Dès la fin du mois, les observations se multiplient, principalement dans le centre des États-Unis cette fois. Le 28 mars, une grande partie des habitants d'Omaha, dans le Nebraska, observent une grosse lumière venue du Sud-Est, à basse altitude. Les observations du même type se multiplieront jusqu'à la fin de l'année. Les canulars et observations fantaisistes aussi (tel ce paysan de l'Iowa prétendant qu'un airship à tenté de l'enlever en l'accrochant à une ancre. De ce fait, le scepticisme s'installe et les doutes quant à la réalité du phénomène, ainsi que sur l'honnêteté ou la santé mentale des témoins arrivent, en particulier dans la presse.

Le phénomène s'arrêtera ensuite, pour devenir beaucoup plus rare et ponctuel, tel les vagues d'OVNI moderne. Un nouveau pic d'observation aura lieu aussi entre 1903 et 1909, aux États-Unis et en Angleterre.

La vague d'airships de 1897

Balayage californien


Dessin représentant l'aéronef observé cette année-là [1] Dessin paru dans le "San Fransisco Call" représentant l'aéronef

Le 17 novembre, à partir de 18:00, on voit à à Sacramento une lumière électrique propulsée par une force mystérieuse passe à basse altitude au-dessus de la ville, évitant habilement les hauteurs avant de disparaître. Elle est vue par des centaines de témoins. Certains décriront un objet énorme, en forme de cigare, fabriqué en aluminium et pourvu de grandes ailes. Personne ne met en doute l'origine terrestre de l'objet, certains affirmant même avoir entendu une voix s'écrier : On espère bien être à San Francisco demain midi.

Le 18, un objet semblable à celui observé la veille, sombre, équipé d'un projecteur et de 4 grandes ailes qui semblaient actionnées par de l'air comprimé est vu passant au-dessus de Oak Park et de Sacramento.

Puis le 20 dans la soirée, à Oakland une sorte de ballon avec un phare à l'avant, un projecteur mobile ventral et 2 paires d'ailes devant et derrière.

De prétendus inventeurs de l'engin ne tardent pas à en revendiquer la paternité. Cependant, plusieurs airships vont continuer à survoler la Californie jusqu'à la fin de l'année, ainsi que quelques lumières volantes.

Le 22, un groupe de passagers d'un tramway d'Oakland (Californie) observe un cigare ailé projetant un brillant faisceau de lumière et capable de voler contre le vent.

Des phénomènes analogues, mettant en scène de mystérieux aéronefs, sont ensuite observés par des centaines de témoins au-dessus de 19 états du pays.

Le 26, un sommet d'observations est atteint.

Le 15 décembre, c'est la dernière observation de cette première vague, au-dessus de San Francisco. En l'espace d'un bon mois, un ovni aura défrayé la chronique dans un pays industrialisé en générant quelques 220 témoignages.

Le lundi 25 janvier 1897 à 21:30 : Lundi dernier, à 21 h 30, on a vu la lumière faire des cercles pendant quelques minutes, puis descendre à environ 60 m du sol tout en poursuivant ses rotations à une vitesse incroyable... On guette son éventuelle réapparition [2].

Le 1er février : Plusieurs habitants de Hastings (Nebraska) ont dit avoir vu un aéronef ou quelque chose d'approchant, voguant dans les airs à l'Ouest de la ville. Il se tint d'abord immobile pendant une demi-heure, flottant dans l'air à environ 150 m du sol, avant de décrire des cercles ; il se dirigea vers le Nord sur environ 3 km, puis revint à son point de départ pour enfin disparaître. (...) A première vue, on aurait dit une grosse étoile, mais à y regarder de plus près, la lumière qui en émanait semblait bien artificielle. Il devait être éclairé par des dynamos électriques très puissantes ; la lumière qui s'en dégageait était extraordinaire [3].


Dessin d'un "aéronef fantôme" observé durant la vague de 1897

Le 4 à Inavale, à environ 60 km au Sud de Hastings, une douzaine de personnes qui reviennent de l'église sont survolées par un aéronef mystérieux de forme conique, d'une longueur évaluée à 10 m environ. 2 paires d'ailes dépassent des flancs de l'engin qui se termine par un gouvernail. Un projecteur est fixé à sa proue et on distingue 6 lumières plus petites. D'après les témoins, on peut entendre comme des voix et des rires venant du ciel.

La vague du midwest

A la fin du mois, les rapports d'observations d'aéronefs recommencent à fleurir, mais, cette fois, pour se concentrer sur le centre des Etats-Unis, entre le Texas et le Michigan.

Le 26 mars, la nuit, Robert Hibbard, un fermier habitant à 22 km au nord de Sioux City (Iowa), observe un "navire" aérien mais aussi une ancre pendant au bout d'une corde attachée à l'engin qui l'attrape par ses vêtements et le traîne sur une distance de 6 ou 8 m avant de retomber à terre lorsque ses affaires se déchirent [4].

Le 28 à 22:30 à Omaha (Nebraska), la majorité de la population voit un objet arriver du Sud-Est. Il ressemble à une énorme source lumineuse, volant lentement vers le Nord-Ouest, à basse altitude. La foule se rassemble au coin d'une rue pour l'observer (185).

Canulars

Assez rapidement après le début de la vague, des auteurs de canulars entrent dans la partie, déclarant avoir piloté la machine volante, avoir parlé avec son équipage, ou même l'avoir inventée. Lorsque certains de ces canulars sont exposés, les journaux commençent à devenir sceptiques, remettant en question la véracité ou la sobriété des témoins, et faisant de l'airship the sujet de plaisanteries. Après que l'excitation soit tombée sur la côte ouest, l'airship réapparait dans les cieux du midwest et du sud en avril.

Le 1er avril : Le mystérieux aéronef qu'on a pu voir dans le Kansas ces dernières semaines a été observé à nouveau la nuit dernière à Everest, Brown County, dans le Nord-Ouest de l'état... L'aéronef avait une trajectoire imprévisible. Au lieu de se déplacer en ligne droit, il allait vers le haut, vers le bas, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, mais apparemment toujours d'une façon extrêmement contrôlée... Le vaisseau est arrivé du Nord en début de soirée, puis est reparti au petit matin. De nombreux habitants d'Everest vont passer la nuit dehors dans l'espoir qu'il reviendra et qu'ils pourront apercevoir à nouveau le mystérieux visiteur [5].

A Le Roy, Alexander Hamilton, riche cultivateur du Kansas, se lève en pleine nuit, ayant entendu ses bêtes faire du remue-ménage. Il aperçoit alors un engin de 100 m de long environ qui plane au-dessus de la ferme. Un câble tombe et entoure la tête d'une génisse qui beugle et tente désespérément de se libérer. Engin et génisse disparaissent rapidement dans le ciel. De nombreuses personnes, obligées d'accréditer ses dires, se portent garantes de son bon équilibre mental.

Le 10 est observé un "navire" planant et jettant des "sondes" sur Newton (Iowa). En plusieurs endroits, cette chose merveilleuse fut observée par plusieurs personnes équipées de petites télescopes ou de jumelles (...). D'après ces personnes, le corps principal de l'objet volant nocturne doit avoir 20 m de longueur, il est de proportions agréable et semble être construit très fragilement. A ce corps est attaché un projecteur et d'autres lumières. Quelques observateurs affirment avoir vu, à peu de distance au-dessus de ce corps principal, comme des structures latérales ressemblant à des ailes ou à des voiles. Ces dernières devaient avoir 6 m de largeur [6].

On commence toutefois déjà à entendre l'avis qu'il peut s'agit d'une méprise, astronomique en l'occurence [7] [8].

Le 12 à 20:30 : Fontanelle, Iowa. C'est à 20:30 que le navire aérien a été vu par la population toute entière. Il arrivait du sud-est, ne dépassait pas le faîte des arbres de plus de 60 m et se déplaçait très lentement, n'excédant pas 15 km/h. On pouvait voir très distinctement la machine, longue d'environ 20 m, et jusqu'aux vibrations des ailes. Il était muni des habituelles lumières de couleur, on entendait le bruit que faisait la machine, comme aussi des airs de musique qu'on aurait dit d'orchestre. On le salua au passage mais il prit la direction du nord en paraissant augmenter de vitesse, et disparut. On ne doute pas, à Fontanelle, qu'il s'agissait bien du réel engin, les plus hautes personnalités de la ville en témoignent [9].

Le 13, de son bord parviennent parfois des rires et de la musique — comme s'il y avait eu un orchestre dans le ciel [10].

Le 15, un "aéronef" est aperçu au même moment dans plusieurs états.

Le 17, un aéronef a mis la région en ébullition... L'étranger qui en est l'occupant affirme qu'il a dû atterrir pour faire quelques réparations et qu'il va reprendre aujourd'hui son périple aérien... L'homme est armé d'un fusil pour empêcher les gens d'examiner la machine de trop près. Il affirme qu'il fait le tour du monde, mais qu'il a été forcé de se poser pour des réparations. Si les gens ne croient pas qu'il puisse voler, qu'ils patientent : ils auront droit à une démonstration gratuite ! [11].

Le 19, A. et W. Hamilton et leur fermier Gid alertés par un vacarme de bêtes voient un dirigeable descendant lentement au-dessus de mon troupeau à environ 40 perches (200 m) de la maison. L'objet a donc une forme de cigare, émêt des lumières rouges et vertes, et descend à 10 m, portant 6 des plus étranges créatures que j'ai jamais vues. Une génisse accrochée à un câble rouge s'élève lentement avec l'engin.


Un des mystérieux aéronefs qui survolèrent les Etats-Unis en 1897. Le témoin qui dessina l'étrange vaisseau prétendit même avoir pu s'entretenir avec les occupants.

Le 20, à 18:00 à Homan (Arkansas), observation du capitaine Hooton : Comme je marchais dans les broussailles, un bruit familier a attiré mon attention, un bruit exactement semblable à celui d'une pompe à air de locomotive. Je décidai d'aller en direction de ce son et, dans une clairière de 5 ou 6 acres, j'ai découvert l'objet qui faisait ce bruit. Ce n'est rien de dire que j'ai été étonné. Je me suis tout de suite rendu compte que c'était le fameux aéronef que tellement de gens avaient vu. (...) En y regardant de plus près, je me suis rendu compte que la quille était divisée en 2 parties qui se terminaient à l'avant comme le côté tranchant d'un couteau. En fait tout l'avant du vaisseau se terminait comme une lame de couteau tandis que les côtés se bombaient progressivement jusqu'au milieu pour ensuite s'amincir. Il y avait 3 grandes roues sur chacun des côtés, comprenant des pièces métalliques infléchies et disposées de telle façon qu'elles présentaient la partie concave de leur surface lorsqu'elles se déplaçaient vers l'avant (...). Je remarquai que, devant chaque roue et tout près, il y avait un tuyau de 2 pouces (environ 6 cm) qui commença à projeter de l'air comprimé sur les roues qui se mirent à tourner. Le vaisseau s'éleva peu à peu avec un bruit de sifflement. Les plans horizontaux jaillirent brusquement en avant, tournant leur arêtes aiguës vers le ciel, puis les plans de queue à l'arrière du navire commencèrent à s'orienter d'un côté, tandis que les roues se mettaient à tourner si vite qu'on ne voyait plus les pales. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le vaisseau fut hors de vue. (...) Vous pouvez ajouter que la pompe a fonctionné tout le temps que j'ai été à côté du vaisseau, exactement comme la pompe à air d'une locomotive. Un point particulier dont je me souviens : ce que j'appellerai le chasse-corps (également appelé chasse-buffle, NdA) était aussi pointu qu'une aiguille. Sur le navire, il n'y avait, du moins je n'en ai pas vu, ni cloche ni corde de cloche comme il devrait y en avoir sur toute locomotive de l'air bien conçue [12].

Le 21, observation à Rockland [13].

Le 22 : Pour expliquer cette aéronef, il y a autant d'explications qu'il y a d'individus. Ceux qui ne l'ont pas observé pensent qu'il s'agit d'un canular, mais il faut bien dire que la personnalité des témoins ne permet pas de confirmer ce point de vue. Un certain nombre de personnes pensent que cet engin appartient à un gang de malfaiteurs qui se sont assurés la collaboration des scientifiques pour leurs méfaits. A l'aide du projecteur et des rayons X, ils inspectent l'intérieur des maisons et peuvent même voir ce que les coffres des banques contiennent (...). Une autre solution proposée est qu'il s'agirait d'une mission d'exploration venue d'une autre planète. Mais la plus plausible des théories est qu'il s'agit d'un génial inventeur qui a résolu le problème de la navigation aérienne et qui mène à bien des essais en compagnie d'amis [14]

Le 26 : Merkel, Texas. Des groupes revenant de l'église, hier soir, remarquèrent un objet lourd tiré par une corde qui y était attachée. Ils le suivirent jusqu'au moment où, traversant la voie ferrée, la corde se prit dans un rail. Levant la tête, ils virent ce qu'ils supposèrent être le navire aérien. Ils n'étaient pas assez près pour donner une idée de ses dimensions. On pouvait voir de la lumière à certains hublots ; il y en avait une très brillante à l'avant, qui rappelait le phare d'une locomotive. Après quelques 10 mn, on vit un homme glisser le long de la corde. Il parvint assez près pour qu'on puisse le voir clairement ; il portait un habit bleu de marin et était de petite taille. Il s'arrêta quand il vit des groupes près de l'ancre, coupa la corde sous lui et repartit dans la direction nord-est. L'ancre est maintenant exposée dans la boutique des forgerons Elliot et Miller et attire la curiosité de centaines de personnes [15].

Le 6 mai, rencontre du shérif adjoint McLemore, de Hot Springs (Arkansas).

Le 15, fin de la cette vague de témoignages concernant les aéronefs.

Mais ces étranges lumières nocturnes, dont le corps soutenant est souvent plus supposé que perçu (et dont on s'étonne parfois que leur intensité ne permette pas de le voir, peut-être à cause de l'altitude supposée), ne sont pas vues qu'aux USA. A partir de juin, des observations semblables sont également faites en Russie. Là aussi, la séquence d'observations fait supposer qu'il s'agissait d'un seul objet, qui serait passé au-dessus de Yeniseisk en août, de Rybinsk le 6 septembre puis au-dessus de Ustug. Certains proposent qu'il s'agisse du ballon de André, mais cela semble impossible, un tel ballon ne pouvait à l'époque rester plus de 1 mois en l'air [16].

Une observations sur le continent américain tout de même, le 14 août : Avez-vous vu la lumière dans le ciel ? Si tel n'est pas le cas, vous n'êtes pas à la mode. De nombreux témoins l'ont vue planer au-dessus de Vancouver presque tous les soirs de cette semaine. On l'a aperçue pour la dernière fois vendredi soir, on la reverra peut-être ce soir, ou peut-être pas. La nuit dernière, l'objet mystérieux a été aperçu au nord de la ville ; il se dirigeait vers l'est. La boule de feu, ou l'aéronef pour certains l'appellent, a été observé de près. Il s'est approché très rapidement, a fait une pause en l'air, des lueurs colorées en ont jailli, puis il est reparti en direction du nord-est. Tantôt il ressemblait à une boule de feu, tant son éclat se ternissait et de petites étincelles jaillissaient de sa masse rougeoyante [17].

L'équipage d'un navire près de la Norvège voit un ballon aérien [18].

Références :

    * Articles de presse contemporains de la vague.
    * Genini, Ron: "Close Encounters of the Earliest Kind", American Heritage Magazine, vol. 31, n° 1, décembre 1979 — Décrit notamment le début de la vague en Californie en novembre 1896.
    * Sider, J.: L'Airship de 1897 : Contribution a l'etude socio-historique de la vague de dirigeables fantômes aux Etats-Unis, 1987
    * Cohen, Daniel: The Great Airship Mystery: A Ufo of the 1890s, 1981
    * Busby, Michael: Solving the 1897 Airship Mystery, Gretna, La.: Pelican Publishing Company, Inc. 2004. ISBN: 1-58980-125-3.

   1. San Fransisco Call, 1896
   2. Omaha Daily Bee du 2 février 1897
   3. Omaha Daily Bee du 2 février 1897
   4. [FSR 66, 4]
   5. Evening Times de Patucket, Rhode Island
   6. Chicago Chronicle
   7. "They Saw The Airship", The Milwaukee Sentinel de Milwaukee (Wisconsin), 11 avril 1897
   8. "Identity of 'Airship'", The Milwaukee Sentinel de Milwaukee (Wisconsin), 13 avril 1897
   9. [Navire Aérien Vu Dans l'Iowa, Chicago Chronicle du 13 avril 1897]
  10. [Chicago Chronicle]
  11. [Evening Times de Paxtucket, Rhode Island]
  12. The Arkansas Gazette of Little Rock, Arkansas, du 22 avril 1897
  13. Houston Daily Post  du 22 avril 1897
  14. [Houston Post]
  15. [Houston Daily Post  du 28 avril 1897]
  16. "What the Balloon Is?", Novoe Vremya (Saint-Petersbourg), 26 septembre 1897 < Gershtein, Mikhail: "1897 Russian reports - part 3 (for Chuck)", Magonia Exchange, 15 décembre 2007
  17. Daily World de Vancouver, Canada
  18. Bullard, Mysteries in the eye of the beholder, 1982, 226

La vague d'airships de 1909

En 1909, une grande vague d'observations a lieu principalement en Angleterre. Comme ce fut le cas lors de la vague américaine, on observe surtout des objets volants en forme de cigare, munis de lumières, et plus rarement des sphères lumineuses (comme l'observation faite en juin par un navire dans le détroit de Malacca, en Asie). Les témoignages se chiffrent par centaines. En 1912, Winston Churchill lancera une enquête gouvernementale sur ce phénomène, la première sur ce qu'on appellera plus tard les OVNIs.

Il faut donc se concentrer sur les observations les plus vraisemblables et réalistes, vues par de nombreux témoins (comme à Hastings ou Sacramento). Il est probable qu'une partie de ces observations sérieuses soit le fait de méprise avec des dirigeables classiques, ce risque étant de plus en plus fort avec le temps (en 1909 par exemple, la technologie du dirigeable métallique était bien avancée). Cependant, le dirigeable métallique ayant été inventé en 1897, comment expliquer les observation de 1896 ?

Le 4 mars 1909 à 20:25, à Lambourne (Berkshire), un grand dirigeable en forme de torpille est aperçu par un dénommé Charles Maberly au-dessus de la ville. L'engin, qui vole à une altitude estimée à 60 m environ, se dirige vers l'Ouest et est équipé d'un projecteur. Une fois le dirigeable hors de vue, le témoin entend dans le ciel 3 explosions à intervalles réguliers [1].

La série de BD Airship Boys est créée par H. L. Sayler, commençant par La quête du trésor Aztec cette année-là, suivi de 7 autres histoires. Les Airship Boys sont Ned Napier et Alan Hope, un duo de génies de Chicago. Ils battent des records de vitesse et de durée, volant de New York à Londres sans escale. Leurs airships sont au début des dirigeables, puis deviennent des appareils à base de moteurs à explosion contrôlés à gaz, et un moteur fonctionnant à "l'éther sulfurique" capable d'atteindre de hautes altitudes et 800 miles/h.


Dessin de l'observation du 23 mars 1909

Le 22 à Peterborough (Northamptonshire), une certaine Miss Gill ainsi que 2 autres personnes qui reviennent du théatre aperçoivent un objet sombre avec une lumière survolant la ville. Le lendemain, observation d'un aéronef. Un policier du nom de P. C. Keetle témoigne : J'étais de service dans Cromwell Road et je sortais de Cobden Street pour arriver dans cette rue, quand j'ai entendu ce que j'ai d'abord pris pour une automobile à environ 400 m de moi. Je descendis Cromwell Road, m'attendant à voir les phares d'une auto, mais rien de tel ne se produisit. Pourtant, j'entendais toujours le bourdonnement régulier d'un puissant moteur, quand soudain je fus frappé par le fait que ce son venait non pas de la route mais d'au-dessus de celle-ci ! Je levais les yeux et mon regard fut alors attiré par une puissante lumière qui devait se trouver à environ 350 m au-dessus du sol. Un corps sombre se découpait sur fond d'étoiles (...) de forme plutôt étroite et oblongue (...). Il se déplaçait à très grande vitesse et, alors que je le suivais des yeux, les bruit des moteurs diminua peu à peu. L'engin disparut en direction du Nord-Est. En tout, je dirais que j'ai pu le voir pendant environ 3 mn.

Le 7 mai à 22:30, un grand aéronef en forme de "saucisse" est aperçu à Clacton-on-Sea (Essex) avant de disparaître vers le Nord-Est.

Le 8 l'épouse du témoin, Egerton S. Free, découvre dans la zone survolée par le mystérieux dirigeable une sorte de roue métallique entourée de caoutchouc sur le côté de laquelle est inscrit Muller Fabrik Bremen. On accuse alors les allemands d'espionner le pays à l'aide de leurs déjà fameux zeppelins. On s'avisera seulement plus tard qu'il s'agissait là d'une cible couramment utilisée par la Royal Navy. De plus, cette idée ne tient pas debout en raison du soin pris par les pseudo-dirigeables à se montrer, à faire du bruit et à voler à basse altitude. Le 12 une observation similaire à Terrington March (Norfolk) où sont entendus des cliquetis et sifflements.

Le 14 en mer du Nord, au large de Blyth dans le Northumberland, les marins du navire norvégien St. Olaf voient un immense dirigeable équipé de 5 projecteurs flotter au-dessus de leur bateau et l'éclairer comme en plein jour. Un peu plus tard, l'engin abandonne le St. Olaf pour répéter sa manoeuvre non loin de là au-dessus d'un autre navire, avant de disparaître à toute allure vers le Sud [2]. Le 18 Mai, observation similaire à Caerphilly Mountain (près de Cardiff) où est entendu un bruit terrible de machinerie. Le lendemain, encore une observation similaire à Cardiff où est entendu un bruit de roues mécaniques.

Le 21 : La Grande-Bretagne Envahie ! Des aéronefs dans l'East Anglia, au Pays de Galles et dans les Midlands. Norwich et Southend n'en mènent pas large. La flotte aérienne qui est en train d'envahir l'Angleterre a été très active dans la nuit de vendredi. Nous avançons le mot "flotte" car, d'après nos correspondants, il semble y avoir non une, mais bien plusieurs machines mystérieuses en forme de cigare, avec des lumières clignotantes et des mécanismes vrombissants. Mercredi soir, on a pu les observer en des endroits aussi différents que Southend-on-Sea, Birmingham et Norwich. [3].

En juin, alors qu'il déambule sur le pont d'un paquebot de la compagnie East Danish, le Bintang, le capitaine Gabe aperçoit à travers le détroit de Malacca une sphère de lumières mouvantes, située au-dessous du niveau de la mer. De long bras paraissent décrire des cercles en partant d'un même centre : celui-ci était si grand qu'on n'en voyait qu'une partie, l'autre étant dissimulée par l'horizon. Le capitaine Gabe s'assure alors que ces lumières ne peuvent avoir d'autre source que la mer. Le Bintang lui-même ne peut dégager une telle luminosité et, surtout, les bras en raies de lumière sont trop longs et leur origine à l'opposé du bâtiment. Bientôt, l'immense sphère s'approche lentement du paquebot, en s'atténuant et en s'évanouissant dans les eaux.

Le 16 à 04:10, un bolide de forme allongée et aux extrémités tronquées survole en émettant une vive lumière la ville de Dong Hoi (Viêt-nam du Nord) suivant une trajectoire d'Ouest en Est. La présence d'une forte source lumineuse incite à penser qu'il s'agit là d'un faux dirigeable plutôt que d'un ovni de forme cylindrique standard [4].

En juillet, La Nouvelle-Zélande subit une vague d'observations similaires à celles survenues en Angleterre le mois précédent. A cette époque, aucun vol de dirigeable n'a encore eu lieu dans cette partie du monde aux antipodes des îles britanniques.

Le samedi 23 à 12:00, Mrs Russel, une institutrice accompagnant un groupe d'enfants à Kelso (Sud de la Nouvelle-Zélande), voit soudain une sorte d'éclair de noirceur filer au-dessus de la colline sur la gauche et se diriger apparemment droit sur elle. Puis il obliqua soudain et fit un écart au-dessus des arbres et disparaît hors de sa vue. Elle ressentit une peur intense lorsqu'elle le vit. On aurait dit un bateau de couleur noire. Elle ne le vit que quelques minutes. A son arrivée, il se déplaçait à grande vitesse mais lorsqu'il vira de bord, il perdit de l'altitude et ralentit quelque peu. [5].

Le mardi 27 : Quelques jeunes garçons étaient en train de jouer sur la plage à Kaka Point, [6] virent un énorme objet lumineux se déplaçant dans les airs. Il semblait sur le point de se poser... Les garçons, pensant qu'il était attiré par leur lanterne, la laissèrent sur la plage. La vaisseau plana alors autour des rochers de la vieille base nautique et arriva presqu'à leur niveau. Il disparut peu après. Selon eux, c'était aussi gros qu'une maison [7]. Un journaliste du Daily Times se rend même à Kelso pour rencontrer les témoins : On a interrogé séparément tous les élèves qui ont vu le vaisseau et on leur a demandé de dessiner ce qu'ils avaient vu. Le degré de ressemblance entre les 6 dessins était tout simplement extraordinaire.

Le jeudi 29 on dénombre pas moins de 6 observations marquantes en Nouvelle-Zélande entre 12:00 et 00:00. 3 d'entre elles évoquent des "cigares" volants ou des aéronefs, tous équipés de projecteurs, de phares ou de lumières colorées. Une autre, faite par des habitants de Mount Rochefort et de Christchurch, concerne un ovni en forme de "cône". Quand aux 2 dernières observations, elles se rapportent à des lumières dont le comportement aérien semble défier les lois naturelles.

Un objet en forme de cigare apparaît à plusieurs reprises au-dessus de Dunedin et de plus petites villes le long de la côte d'Otago de South Island (Nouvelle-Zélande) [8].

Le vendredi 30 à 05:00, 2 hommes qui travaillent dans la vallée de Waikaka, à quelques km au Nord de la ville de Gore (Sud de la Nouvelle-Zélande), aperçoivent soudain un objet volant inconnu en forme de coque de bateau plutôt étroire, avec un projecteur à chacune de ses extrémités. Il perd de l'altitude et va tourner au-dessus de la rivière pendant plusieurs mn. Ce qui est remarquable selon les témoins, c'est l'étrangeté de ses manoeuvres : l'airship semble capable de freiner et d'accélérer brusquement, un peu comme une mouche, selon l'expression de F. Green, l'un des 2 témoins. Ceux-ci affirment par ailleurs avoir entrevu des silhouettes de 2 personnes à bord.

En août, les airships se déplacent du Sud au Nord de l'archipel, où ils se manifestent.

Le 3, Il (le témoin) chevauchait près du champ de courses (de Waipawa) lorsque son cheval devint rétif. Il découvrit que la cause de ce comportement était la présence d'un gros engin en forme de torpille qui le survolait. L'aéronef, affirma-t-il, était peint en gris et 3 personnes étaient visibiles à son bord. L'une d'elles lui cria quelque chose dans une langue inconnue. Le vaisseau monta à une grande altitude, alluma des lumières à sa proue et à sa poupe puis, après avoir décrit un cercle, disparut derrière une colline. La même nuit, un autre habitant vit un engin en forme de bateau en altitude qui émettait un bourdonnement puissant [9].

Entre les 5 et 8, observation d'une lumière au-dessus de Goulburn (Nouvelle-Galles-du-Sud, Australie), de couleur bleue et effectuant des va-et-vients dans la nuit.

Le 9, les observations cessent brusquement en Nouvelle-Zélande.

Le 13 à 23:00, à Glen Innes, des témoins peuvent suivre à la jumelle l'évolution d'un ovni ressemblant à un toit retourné dont la partie inférieure aurait été allumée, et qui dirige un rayon vers le sol.

Certains journaux commençent toutefois à rappeler les confusions astronomiques qui ont pu générer nombre de témoignages, interprétant comme les seuls "phares" visibles des supposés aéronefs ce qui n'aurait en fait été que la planète Mars par exemple [10] [11].

En septembre le phénomène réapparait en Nouvelle-Zélande pour quelques apparitions, puis disparait complétement.

Le 1er Septembre à 16 h 30 : Un objet ressemblant à un aéronef a été observé au-dessus de Gore vers 16:30. Il se déplaçait en ondulant (sic) en direction de Tapanui Hills et disparut graduellement à l'horizon au-dessus de Kelso. Les témoins sont 2 personnes bien connues de Gore et leur récit est authentique. Ils décrivirent l'objet comme un cigare avec une sorte de véhicule qui lui était attaché, mais furent incapables de voir ses occupants. Il resta visible prendant quelques mn avant de disparaître à une vitesse élevée. D'autres habitants de la ville observèrent également le curieux engin. Entre 17:45 et 18:00, on le vit aussi au-dessus des collines à l'Est d'Otaraia [12].

Le 22 décembre, 6 ans après Kitty Hawk, des journaux de New York à Chicago sont stupéfaits pas des rapports provenant du pays entier concernant un immense aéronef volant au travers du pays et observé par des milliers de personnes. Il s'est écrasé à l'Ouest de Chicago, mais ne fut jamais retrouvé. L'histoire fait la une des nouvelles nationales dans les principaux journaux du pays.

Le 24 décembre, Wallace Tillinghast, un habitant de Worcester (Massachussets) décide de faire un coup publicitaire en tirant profit de l'événement. Vice-président d'une usine, il déclare avoir construit un monoplan, fonctionnant à l'essence, capable de le transporter, lui et 2 mécaniciens. Le repaire du vaisseau mystère aurait été enfin découvert ! 14 hommes travaillant pour Paul Morgan, de la Morgan Construction Company de Worcester, étaient attelés à une tâche secrète... il y a 2 ans, Morgan a payé 15 000 $ l'aéroplane d'un aviateur suédois. C'est probablement cette machine, perfectionnée avec l'aide de Tilinghast, que l'on a pu voir survolant la Nouvelle-Angleterre. [13]. Mais d'autres journaux se montrent plus sceptiques.

http://www.rr0.org/science/crypto/ufo/enquete/dossier/Airships/1909/index.html

L’airship de 1897  Par Jean SIDER

Certaines personnes plus ou moins intéressées par les phénomènes ovnis, notamment en France, ignorent encore que ceux-ci ne sont pas nés en 1947, contrairement à une croyance qui perdure encore. En fait, les observations d’étranges manifestations célestes ont prévalu de tout temps. Si l’on se donne la peine de feuilleter les vieilles collections de journaux et de périodiques accessibles dans certaines bibliothèques, notamment à la Bibliothèques Nationale, Annexe de Versailles, on peut en découvrir avec de la patience et du temps. De même que dans celles des Archives Départementales, il est possible, en remuant la poussière de livres et de fonds anciens, de mettre au jour des faits très curieux qui peuvent entrer dans cette discipline que l’on appelle l’ufologie. Plusieurs ufologues ont d’ailleurs œuvré dans ce sens, à l’exemple de Michel Bougard, et ont passé au peigne fin la littérature spécialisée constituée de revues et de livres tant français qu’étrangers consacrés aux phénomènes aériens inconnus.

Introduction

Dans le cas de la vague d’airships de 1897, quelques auteurs américains se sont risqués à publier leurs recherches, le plus souvent sous forme d’articles de plusieurs pages, à l’instar de Jerome Clark2. Par contre, il n’existe qu’une bien maigre poignée le livres entièrement dévolus à cette série exceptionnelle d’incidents, et ils peuvent même se compter sur les doigts d’une seule main. Parmi ceux-ci, je citerai celui de Daniel Cohenn3, mais dont le contenu traduit une forme très marquée de scepticisme pour ne pas dire de debunking (de to debunk, déboulonner). Par contre, le travail le plus volumineux et le plus sérieux est sans conteste celui de Thomas Eddie Bullard, qui a publié à compte d’auteur un véritable travail de bénédictin. Il s’agit d’une énorme compilation d’articles de journaux américains de 1897 qui traitent de l’airship, avec deux suppléments4. En ce qui me concerne, j’ai publié en 1987 un ouvrage artisanal consacré à l’airship, grâce surtout à la bonne volonté de Thierry Pinvidic5. Puis, en 1995, Colette Vléryck a accepté d’éditer cette étude quelque peu remaniée et améliorée, qui plus est nantie d’index divers6. Cette édition particulièrement soignée est sortie en format 21x27, mais en une centaine d’exemplaires seulement, et se trouve actuellement pratiquement épuisée.

A toutes fins utiles, voici les coordonnées de Mme Vléryck : 11 Grand Rue, 29880, Plouguerneau. Peut-être dispose-t-elle encore de deux ou trois exemplaires de mon étude. J’ai élaboré mes recherches de base sur une compilation d’articles d’époque de Robert Neeley7, et de copies de documents originaux obtenus auprès d’organismes américains divers, après une vaste prospection par courrier. Il s’agit surtout de bibliothèques, de musées, d’historiens en aéronautique, etc. Je n’ai eu accès à la compilation d’Eddie Bullard que lorsque mon étude initiale était pratiquement venue à son terme, ce qui fait que je n’ai pu exploiter à fond le formidable travail de ce chercheur. Toutefois, j’estime que mon étude est suffisamment consistante pour montrer qu’une authentique vague de phénomènes célestes non identifiés s’est bien produite chez l’oncle Sam à la fin du siècle dernier. Chaque cas décrit est cité avec sa référence précise : le nom de l’organe de presse, la ville où il était établi, l’Etat impliqué, la date de parution, et le numéro de la page qui reprend le texte concerné. Seule la moitié Est des Etats-Unis a été concernée par cette série extraordinaire d’étrangetés. A noter qu’en décembre 1896, la Californie a enregistré une mini-vague d’airships, seul état de la moitié Ouest à avoir enregistré ce type d’incidents. Si je devais citer le nombre total d’observations signalées dans la presse locale, je dirai qu’en gros celui-ci doit se situer entre trois et quatre mille. Voyons tout d’abord dans quelles circonstances sociales locales s’est située cette vague.

Le contexte socio-historique

L’année 1897 aux Etats-Unis se situe en plein milieu d’une révolution industrielle. La mécanisation prenait de plus en plus le pas sur le travail manuel dans de nombreux secteurs. La vapeur, le pétrole et surtout l’électricité avaient permis la naissance de nombreuses industries dans différents domaines, sans pour autant supplanter un artisanat encore très florissant. En fait, à cette époque, tous les secteurs des activités commerciales et industrielles étaient en pleine expansion, et cette effervescence sociale facilitait l’immigration car la main d’œuvre manquait dans beaucoup de corps de métiers.

Les phénomènes observés étant bien souvent assimilés à des ballons dirigeables (d’où le terme airship employé dans les comptes rendus publiés dans les journaux locaux), je me suis employé à retracer l’histoire de l’aéronautique aux Etats-Unis. Cela, afin de voir si ce type d’appareils avait pu provoquer des confusions. Il se trouve en fait que le premier dirigeable motorisé américain digne de ce nom a effectué son premier vol réussi en 1904 seulement, soit sept ans après la vague8. Tout ce qui a été entrepris avant cette date ne représente que des tentatives ratées ou le plus souvent des projets mirobolants d’inventeurs dont beaucoup ont permis à leurs auteurs de se livrer à des tentatives d’escroquerie. Les seuls aérostats qui pouvaient voler à ce moment-là étaient quelques ballons sphériques libres livrés aux caprices des courants éoliens. D’autre part, les témoins ayant observé de nombreuses sources lumineuses de diverses couleurs sur les masses observées, on peut déjà éliminer toute possibilité d’objets conventionnels. En effet, les feux de position n’ont été utilisés qu’en 1911 sur les dirigeables dans le Connecticut9, et les phares en 196010. En conséquence, les debunkers et autres rationalistes qui ratiocinent dans les marécages de la « sociopsychologie », ne font qu’exprimer leur malhonnêteté intellectuelle lorsqu’ils attribuent cette vague à d’authentiques dirigeables. Heureusement, les historiens sont là pour prouver que ces tristes individus mentent comme des arracheurs de dents.

En outre, en cette fin de dix-neuvième siècle, l’esprit des populations locales n’était pas « contaminé » comme de nos jours par les agressions psychologiques d’un univers excessivement médiatisé. La radio, la télévision et le cinéma n’existaient pas encore. Seuls, de multiples journaux et périodiques divers véhiculaient les informations, si l’on excepte le télégraphe et le téléphone qui commençaient seulement à se développer, limités essentiellement aux grandes villes. En conséquence, les influences extérieures, notamment des médias, étaient quasi nulles sur les témoins, dont la plupart découvraient l’existence du phénomène Airship pour la première fois en l’observant dans les cieux. Là encore, l’argumentation des debunkers se trouve contrecarrée, car ils ne peuvent absolument pas s’appuyer sur un stimulus de la presse sur le cerveau des observateurs. D’autant que si l’on peut à la rigueur avancer cette éventualité pour les grandes villes où les journaux étaient très lus, elle est totalement à écarter pour ce qui concerne les zones rurales. En effet, l’analphabétisme y était encore très répandu, et il où n’étaient publiés que des petits hebdomadaires imprimés sur quatre pages seulement. Qui plus est, ils passaient sous silence les observations d’airships, soit par manque de place, soit par absence d’intérêt pour le sujet . De plus, les journalistes qui ont fait allusion à ces phénomènes, choisirent bien souvent de s’en gausser, mettant les témoignages sur l’abus de boissons fortes. Ce qui a dû décourager certains de leurs lecteurs de rapporter leurs éventuelles observations, à n’en pas douter. D’ailleurs, j’ai souvent eu accès à des rapports faisant état de témoins qui ont demandé à rester anonymes, par peur d’être tournés en ridicule par leur entourage. Passons maintenant aux divers paramètres d’étrangeté contenus dans les témoignages les plus sérieux que j’ai pu réunir pour l’élaboration de mon étude.

1 - Les formes : Celle qui a été signalée avec le plus de régularité est celle d’un objet de forme oblongue, arrondie aux deux extrémités. La comparaison la plus fréquente avec une forme bien connue est celle du cigare, plus rarement du cylindre. Toutefois, d’autres formes ont été observées, qui nécessitèrent l’utilisation des parallèles suivants : comme un entonnoir, une lettre A, un œuf, un wagon de voyageurs, une coque de bateau, un rectangle, un tube, un cône, un croissant, et même....un disque ! Parfois, ces formes d’apparence matérielle étaient remarquées se manifestant sous la couverture nuageuse et progressant contre le vent. La nuit, elles étaient parfois décrites nanties de fenêtres éclairées par une lumière intérieure. En plein jour, des témoins ont dépeint des ouvertures semblables à des vitrages, placées sur le côté visible de l’objet. De temps à autre, des observateurs pouvaient distinguer des appendices ressemblant à des ailes, quelquefois comparées à celles des chauves-souris. Chose véritablement ahurissante, il y a aussi des témoignages décrivant des ailes battantes ! Quelques comptes rendus évoquent des voilures, mais je pense qu’il faut comprendre ce terme comme se rapportant à des ailes de toile et non des voiles. Au reste, personne n’a prétendu avoir vu d’airship équipé de mâts équipés comme ceux des voiliers qui circulaient sur mer à l’époque. A noter qu’il y a un cas d’airship duquel pend une corde le long de laquelle descend un homme qui en coupe l’extrêmité terminée par une ancre restée coincée dans un rail de chemin de fer. C’est l’affaire de Merkel (Texas), mais il s’agit probablement d’un canular de salle de rédaction, car il n’y avait pas d’ancre à bord des ballons captifs de l’époque, mais au mieux un grappin, objet beaucoup plus léger. Cette mystification a sans doute été inspirée par une légende du Moyen-âge faisant état d’un « bateau-volant » dont l’ancre s’était accrochée au toit d’une église irlandaise. En effet, Richard Nolane indique dans l’un de ses livres, que cette histoire rapportée dans une œuvre de Gervais de Tilbury, avait été reprise dans plusieurs journaux américains de 1897 avant celle de Merkel11. Des descriptions citent aussi des hélices ou des roues tournant sur les côtés, orientées vers la droite et la gauche de « l’appareil », ce qui constitue une absurdité en matière d’aéronautique !

2 - Les sources lumineuses : C’est surtout lors d’observations faites à nuit tombée que ces précisions figuraient dans les rapports. En 1897, les rares ballons libres qui effectuaient de longs parcours n’emportaient aucune source électrique. Non seulement cet équipement était inutile, mais il aurait obligé l’aérostier à embarquer de lourdes batteries, ce qui aurait constitué un handicap sérieux pour atteindre une altitude élevée. Cette situation indique que les phénomènes voulaient être vus même dans l’obscurité. De multiples témoins de toutes les conditions sociales ont décrit des feux de positions de différentes couleurs, des phares, ainsi que des projecteurs dont certains dispensaient un faisceau de lumière de plusieurs centaines de pieds de longueur qui balayait quelquefois le sol ou l’espace devant l’« appareil ». Certains témoins ont aussi été pris dans le faisceau puissant de ce projecteur au point d’en être éblouis. Il est même arrivé que le phénomène ait été équipé de feux qui changeaient de couleur à intervalles réguliers : vert, puis rouge, ensuite jaune, et retour au rouge etc.

3 - L’aspect matériel : Beaucoup de témoignages faits en plein jour dans un ciel sans nuages, insistent sur le fait que le soleil se reflétait sur la « coque » de l’objet, si tant est qu’il pût s’agir d’une construction de quelque sorte. Ceux qui ont fait ce constat estimaient donc que l’airship avait une structure essentiellement métallique, ce qui écarte de façon sûre une très hypothétique confusion avec un éventuel ballon (dont l’enveloppe était en soie ou en toile imperméabilisée). Ces reflets lumineux ont même conduit des témoins à décrire l’airship comme possédant une coque d’acier lisse !. A nuit tombée, c’était la luminosité de la lune qui réfléchissait sur la « machine », portant les témoins à croire que son revêtement était fait d’un métal quelconque, l’acier, l’aluminium et le fer blanc étant cités le plus souvent. Curieusement, c’est le 11 mars 1897, soit quelques jours avant les principaux témoignages de la vague, que le premier dirigeable en métal vola en Europe. Il s’agissait d’un appareil en cornières et en feuilles d’aluminium, qui fut testé à Tempelhof, Allemagne, par l’aéronaute autrichien David Schwartz. N’est-ce qu’une coïncidence ?

4 - Les comportements : Des airships ont été vus en plein milieu d’un orage, ou encore remontant de forts vents, ce qui écarte systématiquement les ballons libres de l’époque. Certains progressaient en accomplissant un parcours fait d’ondulations verticales, ou encore de zigzags horizontaux. D’autres avançaient en accomplissant des oscillations, ou des bonds successifs. En de plus rares occasions l’airship a été suivi des yeux au moment où il plongeait brusquement vers le sol pour remonter ensuite brusquement et se replacer à son altitude initiale. Tout comme il avait la capacité de changer de direction à volonté, comme s’il avait un gouvernail, selon les propres termes employés par les témoins. Cette disposition à pouvoir tourner l’a conduit de temps en temps à suivre un trajet erratique, allant jusqu’à virer à angle droit et même à faire demi-tour. Des bruits divers ont été émis par le phénomène, presque toujours associés à ceux d’un moteur. Les termes suivants apparaissent dans les rapports des témoins : ronflement, crissement, bourdonnement, sifflement, grondement, etc. La plupart du temps, les observateurs n’ont remarqué qu’un seul objet, mais j’ai répertorié plusieurs cas de vols groupés de plusieurs « engins », et même deux ou trois cas de « vaisseau-mère » éjectant de plus petits corps. Des airships ont suivi des trains sur un parcours plus ou moins long, et survolé à très basse altitude des nhavires fluviaux ainsi que des bâtiments divers. Je reviendrai par ailleurs sur les cas d’atterrissages avec ou sans vue d’occupants.

5 - Réactions animales : Les réactions des animaux domestiques confrontés à ces phénomènes constituent indéniablement des preuves formelles d’une interférence réelle dans leur environnement immédiat. L’airship a provoqué la frayeur de chevaux d’attelages, certains allant jusqu’à s’emballer au point de causer un grave accident. D’autres ont été saisis d’une agitation anormale au moment où un airship survolait leur écurie, donc sans l’avoir vu. Ce qui implique de la part du phénomène des émissions d’ondes de quelque sorte qui auraient perturbé les sens des bêtes concernées. Même constat pour ce qui concerne les chiens, qui se sont manifestés essentiellement par leurs frénétiques aboiements, ou au contraire par leur refus de sortir de la maison de leur maître tellement ils étaient effrayés.

6 - Réaction des témoins : à la vue du phénomène, la plupart des observateurs de race blanche ont ressenti surtout de la surprise, de l’émerveillement et une certaine émotion. Par contre, le comportement des Noirs a été entièrement différent, car ils réagissaient comme si leur dernière heure était venue. Il est vrai qu’ils étaient analphabètes et cultivaient encore toutes sortes de tabous et de croyances transmises par leurs ancêtres africains. J’ai également trouvé une coupure de presse faisant état des réactions de certains Amérindiens, lesquels voyaient en l’airship un moyen de transport utilisé par leurs ancêtres qui, sous leur forme d’esprits désincarnés, venaient visiter le monde matériel pour voir ce que leur descendance était devenue ! Toutes les ethnies ayant vu ces phénomènes, cela démontre par conséquent leur relative réalité. Parmi les témoignages les plus fiables, il y a surtout ceux de médecins, d’hommes de loi, de professeurs, et même d’astronomes, bien que ces derniers se soient bien gardés de révéler leur nom. En effet, les rationalistes de l’époque n’étaient autres que leurs confrères affectés dans les divers observatoires d’astronomie du pays (en même temps qu’ils étaient ministres du culte protestant !). Ce sont surtout ces hommes de science (et de religion) qui étaient questionnés par les journalistes, et qui se sont évertués à clamer que les témoins prenaient les étoiles les plus visibles (comme Vénus) pour des navires aériens.

7 - Atterrissages avec ou sans vue d’occupants : Beaucoup de témoignages font état d’un airship posé au sol qui décolle vivement à l’approche des témoins. Ce sont les cas les plus crédibles. D’autres font &

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